CIVISME ET POLITIQUE

Le Civisme de Jésus

"Il allait de lieu en lieu, faisant du bien à tous."

 Civisme et politique 

vus du point de vue biblique

 à la lumière de Jésus

et de son évangile.


11 accélération de l'histoire

13 Voici l'homme

15-devoir de désobeissance

16 Jesus notre seul avenir

17-BABEL orgueil des hommes

18-92ans evolution

19 Dieu-la religion-l'Eglise


CIVISME PRATIQUE PAR JÉSUS.

 1010 Définitions et remarques.

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 Soumission et obéissance

Au premier abord ce titre semble en contradiction avec le titre des pages précédentes: " liberté et résistance". Il est pourtant indispensable pour prévenir tout malentendu sur le civisme pratiqué par Jésus selon les évangiles.

Tout l'Évangile, en effet, atteste que la résistance que Jésus opposait aux forces d'oppression et d'aliénation qui écrasait son peuple n'a pas été une résistance armée et violente. C'était une ardente résistance par la parole et par le témoignage de la vie, une résistance qui allait souvent de pair avec la transgression des interdits ( notamment des règles relatives au sabbat) et même la " désobéissance civique" ( par exemple la " manifestation " messianique pacifique de l'entrée royale à Jérusalem ou l'expulsion des marchands du Temple.). N'employer donc pas "violence" à tord et à travers pour qualifier tel comportement de Jésus. Pour ce mot, tâchons de lui laisser le sens de violence meurtrière qui porte atteinte à la vie même de ceux qu'on tue ou veut tuer ( c'est le cas de l'assassinat et de la guerre ). Le fondateur de l'Islam a mené de nombreuses guerres,le fondateur du royaume messianique n'en a mené aucune. Il n'en a pas moins été le résistant par excellence aux puissances démoniaques, libre à l'égard de tous et libérateur de tous.

 Il est d'autant plus important, lorsqu'on parle du civisme de Jésus, de bien comprendre ce que sont son obéissance et sa soumission. Deux "vertus" qui ne sont guère à la mode aujourd'hui ! Disons tout de suite que c'est avant tout par rapport à Dieu son " Père" que Jésus s'est voulu soumis et obéissant. Juste avant son arrestation, au Jardin de Gethsémani,l'effroyable agonie spirituelle qu'il a dû affronter a abouti à cette prière de soumission à Dieu: " Toutefois non pas ce que je veux mais ce que tu veux!". Le maximum d'obéissance au Père coïncidait alors avec le maximum de résistance au mal. La suprême liberté consistait alors dans la suprême "désobéissance" à sa propre "chair" et aux désirs vitaux de son être. L'anarchisme du prophète de Nazareth est " théocratique". Il consiste à dire, non pas "ni Dieu ni maître", mais au contraire:" le Seigneur d'Israël est mon maître!"

C'est sans doute l'évangile de Jean qui met le plus en évidence cette soumission de Jésus à Dieu: " Ma nourriture, c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé", répète constamment ce "Fils" qui se veut toujours subordonné au " Père". Peut-être le dogme de l'égalité du Père et du Fils, quant à leur divinité, obscurcit-il dangereusement ce fait de la subordination toujours libre et volontaire de l'homme Jésus devant son Dieu. Car Jésus n'est pas "soumis " à Dieu comme un subordonné à son chef ou un sujet résigné et passif. C'est l'amour filial qui est la constante motivation de Jésus. Nous aurons à nous en souvenir quand nous parlerons de la soumission du chrétien.
Cette subordination humble et obéissante de celui qui a voulu être un simple serviteur se retrouve dans ses relations avec ses compatriotes, spécialement avec ses disciples. La meilleure illustration en est l'épisode relaté par Jean: Jésus lave les pieds de ses disciples. Pour pratiquer un tel geste, normalement confié à un petit serviteur, il était indispensable de se placer " dessous", en bas, à genoux même, c'est à dire en position de " sub-ordination", j'ose dire" sous la table". Le Maître s'est ainsi "soumis" à ses disciples. C'est sa façon à lui d'être " Seigneur et Maître" (Jean 13. 13 ). Ainsi a t-il, pour ses messagers, proscrit toute notion de supériorité, de droits, de prérogatives,de " magistère" ( au lieu de " mini-stère") ou de cléricalisme.
Soumission et liberté, obéissance et résistance, tel était le civisme de ce "serviteur de l'Éternel" qui voulait aimer Dieu de tout son coeur et aimer son prochain comme soi-même. Un parfait objecteur de conscience!

Voilà pourquoi, pour témoigner que Jésus était son " modèle" et son " héros" ( et nullement son "idole"!) l'apôtre Pierre disait pour proclamer l'évangile:
" Vous savez ce qui est arrivé dans toute la Judée, après avoir commencé en Galilée, à la suite du baptême que Jean a prêché; vous savez comment Dieu a oint du Saint Esprit et de force Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l'empire du diable, car Dieu était avec lui."

( Actes des apôtres 10. 37 et 38 ).

C'est ainsi que notre maître" rendait à Dieu ce qui est à Dieu", sans pour autant empêcher de " rendre à César ce qui est à César". Il n'a pas adopté une position de rébellion contre la puissance romaine et contre le pouvoir des chefs du peuple juif.

Bien qu'il se refuse à être un " sujet " du Pouvoir établi Jésus accepte et reconnaît, par sa foi en Dieu, que le magistrat qui dispose de la force armée reste toujours un instrument du Vouloir divin:
" Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir" dit-il à Pilate, si ce pouvoir ne t'était octroyé d' En Haut".
( Jean 19. 11 et Romains 13.1 à 9 )

Suite

 

Georges SIGUIER  1920--2016
 (Pasteur, Église réformée de France)  


 

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