CIVISME ET POLITIQUE

Le salut vient des juifs

 
Civisme et politique 

vus du point de vue biblique

 à la lumière de Jésus 

et de son évangile



11 accélération de l'histoire

13 Voici l'homme

15-devoir de désobeissance

16 Jesus notre seul avenir

17-BABEL orgueil des hommes

18-92ans evolution

19 Dieu-la religion-l'Eglise

20-vive l'Apocalypse-accueil.

21-accueil-l'imminence de la fin

22-conduite-a-adopter


23accueil-harmaguedon.

24000-accueil-jerusalem.


Le salut vient des juifs

10100-Les juifs 

10200-La souffrance des juifs.

10300-Le glorieux avenir des juifs.

10400-Le salut mondial vient d'un seul juif::Jésus

10500: je suis un juif d'adoption

10600-Sion est ma mère.

10700-C'est la Jérusalem d'en-Haut qui est notre mère.

10800-La Jérusalem nouvelle éternelle arrive bientôt.

10900-Conclusion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

Le salut mondial vient des Juifs
Le glorieux avenir des juifs

" Crois-tu aux prophètes?"

Le lecteur des prochaines pages va saisir difficilement ce qu'elles disent car elles transcrivent essentiellement les prophéties de la Bible juive. S'il ne bénéficie pas de la même inspiration et de la même foi que ces écrivains bibliques, il va avoir l'impression de perdre son temps. Mais je serais heureux si, à son sujet, je pouvais dire ce que Saul de Tarse ( l'apôtre Paul) disait au roi Agrippa : " Crois-tu aux prophètes, roi Agrippa ? Je suis sûr que tu y crois." ( actes des apôtres 26. 27 )

" La Loi, les Prophètes et les Psaumes", en effet, annoncent tous à Israël un glorieux avenir et un destin merveilleux et unique en son genre. Un salut inouï à portée mondiale: le bonheur universel et la justice éternelle, la fin du péché et de la mort, le " Royaume de Dieu" et la " Vie éternelle". Et cela grâce à Elohim YHWH, le Dieu d'Israël. A lui seul ! Et nullement grâce à des performances juives ou à l'appui des nations. Dieu a conclu alliance et fait des promesses: malgré l'indignité de son peuple, Dieu sera fidèle à son alliance et tiendra ses promesses.

L'élection, vue d'en Haut.

Bien entendu, je n'emploie pas ici le mot " élection" au sens politique d'un vote démocratique permettant "d'élire" un député ou le président de la République. Je l'emploie au sens du choix, libre et gratuit, que le Dieu souverain fait du peuple d'Israël pour qu'il soit le " peuple élu", c'est à dire " choisi ". L'élection des juifs ne provient pas " d'en bas", elle vient d'en Haut, du Très Haut. Il faut donc la voir et la comprendre " d'en Haut ", c'est à dire du point de vue divin. Si on le fait, on voit très bien que cette élection d'Israël n'est pas un injuste privilège insupportable aux autres mais, bien au contraire, une mission au service des autres et en faveur des autres. Israël n'est pas " élu" pour dominer les autres peuples et faire leur malheur. Il est créé et choisi par son Dieu pour servir l'humanité entière et faire son plus grand bonheur en étant, devant tous les hommes, le " témoin fidèle" de l'amour et de la justice salvatrice d'Adonaï, le Seigneur. Lourde charge ! avons-nous dit.

Il ne vous échappe donc pas que le contraste est frappant entre le chapitre précédent et celui-ci: la troisième partie était le constat de la souffrance des juifs et d'un avenir bouché, une tragique impasse spirituelle et politique; et voici que la quatrième partie, à l'inverse, brosse le tableau enthousiasmant d'un joyeux avenir de victoire et de salut ! Quel contraste !

" Il y a de l'espérance pour votre avenir!" disait un prophète aux juifs de son temps. J'aimerais tellement qu'un juif actuel, en lisant ces pages, en soit heureux et soit poussé à mieux lire sa Bible, surtout les textes prophétiques. J'ai tellement peur, en même temps, de faire de la peine à mes frères juifs: ils sont dans la crainte permanente que les " chrétiens " veuillent les convertir au " christianisme " en leur faisant renier leur judéité et leur fidélité à la Thora. Et ils ont raison de craindre cela, mille fois raison car, en vérité, le peuple des " pagano-chrétiens" continue de penser que le nouveau peuple élu est aujourd'hui " l'Église". Donc, dans ces conditions, l'antijudaïsme et l'antisémitisme vont continuer de menacer les juifs.

Or Jésus n'est pas " chrétien", encore moins " catholique" ou " protestant " : il est Juif !

Les promesses patriarcales

Dieu, pour préparer son Règne, n'a pas choisi un des peuples existant sur terre il y a quarante siècles environ. Au contraire, il a voulu créer son peuple élu à partir d'un seul homme, un individu nommé Abram qui vivait en Mésopotamie, un Araméen devenu nomade ( Deutéronome 26.5 ) . En somme, le plan de Dieu a été de se créer un peuple à lui, une " nation sainte" qui lui appartienne en propre", un peuple " en plus", tellement spécial que, dés l'origine, ce peuple va vite apparaître aux autres comme un peuple " de trop", qu'il vaudrait mieux supprimer.

Les " patriarches" , ou " pères" fondateurs d'Israël, sont donc Abraham ( nom donné par Dieu à Abram ), Isaac son fils choisi de préférence à Ismaël, puis son petit fils Jacob, enfin les douze fils de Jacob, ancêtres des douze tribus d'Israël.

Cette histoire de l'Alliance perpétuelle est racontée dans le livre de la Génèse, du Chapitre 11 ( verset 31 ) à la fin. La forme littéraire de ces récits, issus des vielles traditions orales, ressemble plus à celle de nos " chansons de geste" ou à celle de chroniqueurs anciens qu'aux savants exposés universitaires de nos historiens contemporains. Mais c'est cette forme-là que Dieu a choisi pour nous parler de sa triple promesse faite aux patriarches.  Triple promesse fondamentale révélant le secret du destin unique et de l'avenir glorieux des juifs, au service de l'avenir de ce monde.

Partenaire de ces hommes, pas très " moraux " mais dont il n'a pas honte, Dieu se lie à eux par trois irrévocables promesses:

1 : La promesse d'un peuple de descendants innombrables ( Genèse 12.2- 13.16- 18.18-22.17 et c .)

2: La promesse d'une terre, d'un territoire qui leur est attribué mais où ils ne seront que les " hôtes " du Seigneur. C'est le pays de Canaan

( 17.8- 12.7-13.15à17- 15.18 et c..) . Ils en seront chassés s'ils ne sont pas fidèle à l'Alliance.

3 : La promesse d'une bénédiction universelle, un bonheur pour " toutes les familles de la terre", bonheur sortant, à l'avenir, de ce peuple et de cette terre. Joseph, vendu par ses frères mais devenu le grand bienfaiteur des Égyptiens en fut l'illustration prophétique. ( Genèse 22.18- 12.3-18.18- et chapitre 37 à 50 )

Les juifs contemporains restent aujourd'hui les héritiers de cette triple promesse. C'est celle-ci qui a garanti et qui va faire leur bel avenir.

" Ce n'est pas parce que vous surpassez en nombre tous les peuples que le Seigneur vous a choisis: c'est parce qu'il vous aime.

(Deutéronome 7. 7 à 20 )

" Si le Seigneur te fait entrer dans ce bon pays.. ne dis pas: " c'est par ma force et la vigueur de ma main que j'ai acquis toutes ces richesses ! " Souviens-toi du Seigneur ton Dieu et de l'Alliance qu'il a juré à tes pères, sinon vous disparaîtrez."

(Deutéronome 8. 7 à 20 )

" Si tu entres en possession de nations plus forte que toi, ne dis pas: c'est à cause de ma justice et de ma droiture que le Seigneur me fait entrer en possession de ce pays ! " Non ! car tu es un peuple rétif. N'oublie pas que, dans le désert, tu as irrité le Seigneur, ton Dieu."

(Deutéronome 9. 4 à 6 )

La promesse du Messie.

Longue est l'histoire de l'Alliance, longue a été la marche vers la réalisation des promesses. la Bible d'Israël en raconte les étapes.

Ne nous arrêtons pas ici sur l'exode libérant les hébreux de la servitude en Égypte ni sur l'alliance du Sinaï, " en Moïse ".  Point de départ pourtant capital, relaté par l'Exode et les autres livres de la Thora. C'est le moment où les clans disparates des héritiers de la Promesse sont constitués en un seul peuple, déjà nombreux. C'est aussi le moment où les israélites sont dotés d'une " constitution ", une charte réglant tous les détails de la vie collective et individuelle. Le fondement est : seul est Roi et Seigneur sur Israël " Adonaï YHWH " . C'est le régime de la théocratie.

Cela explique la vive contrariété de Dieu lorsque, après leur installation sur la terre promise, les Israélites réclament un roi bien visible, " pour être comme les autres nations". ( 1 Samuel 8. 4 à 9 ).

Néanmoins Dieu accepte; en se réservant le droit et la liberté d'utiliser cette royauté pour faire avancer son projet de salut mondial révélé aux Patriarches.

C'est avec le roi David, né à Betléem, qu'est conclue l'alliance spéciale, cette alliance avec la dynastie de David qui est la grande promesse messianique, se déployant à travers les écrits prophétiques:

 
" Ta maison et ton règne seront pour toujours assurés devant toi, ton règne pour toujours affermi.".

( 2 Samuel 7. 15 )

" Quant à toi, Betléem Ephrata, toi qui es petite parmi les bourgades de Juda, c'est de toi que sortira pour moi celui qui gouvernera Israël... C'est lui qui sera la paix."

( Michée 5. 1 à 5 )

" Le Seigneur ( YHWH) dit: " Je ne mettrai pas fin à ma fidélité envers David, je ne profanerai pas mon alliance.. Mentirais-je à David ? Sa descendance durera toujours, son trône sera devant moi comme le soleil."

(Psaume 89. 20 à 38 )

" Bergers d'Israël ! Puisque vous avez livré mon troupeau au pillage, je viendrai moi-même en prendre soin. Et mon serviteur, " David " , sera prince au milieu d'eux.

( Ezéchiel 34. 23 à 26 )

Glorieux avenir pour le Roi d'Israël !

L'avenir du " serviteur bafoué"

" Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu ! Parlez au coeur de Jérusalem, criez-lui que sa corvée est terminée et que sa perversion est absoute..."

Ainsi commence la deuxième partie du Livre d'Isaïe ( Chapitre 40. 1 ) . C'est l'annonce enthousiaste de la fin de la captivité à Babylone, de la fin du bagne, donc du châtiment auquel Dieu avait livré Jérusalem et Judas, pendant 70 ans. L'allégresse du retour à Sion ( nouvel Exode ! ) remplit cette prophétie. Mais cette marche à travers le désert vise loin, vers un avenir où toute l'humanité bénéficiera de cette restauration d'Israël dont l'unique Seigneur, le Dieu de l'univers, est Yahvé, lui seul.

" Tu seras la lumière des nations" promet le Seigneur par la voix du prophète. Le roi " fils de David" ne sera pas écarté, bien au contraire: l'espérance messianique et la vision universaliste d'Israël sortent de ce tunnel de l'exil babylonien, mais se déploient et se précisent jusqu'au chapitre 66 . Mais, bien que les prophéties disent plus qu'elles ne disent, elles parlent ici de façon énigmatique, parfois difficile. Une des difficultés de ce " deuxième Isaïe" tient à ceci: au milieu du développement émergent quatre poèmes qu'on a l'habitude de désigner par l'expression " chant du serviteur de l'Éternel" c'est à dire " du Seigneur ". ( Isaïe 42. 1 à 9 -.  49. 1 à 7 - 50. 4 à 11 - 52. 13 à 53. 12 )

Ce "Serviteur", c'est Israël, bien sûr:

"Mais toi, Israël, mon serviteur, Jacob ( = Israël ), que j'ai choisi, descendance d'Abraham, mon ami!... N'aie pas peur car je suis avec toi, je viens à ton secours..

( Isaïe 41. 8 à 13 )

Non seulement le Seigneur fortifie la foi de son peuple élu, pauvre " petit vers de terre", mais encore il lui promet que ce retour en grâce sera aussi le renouvellement et l'extension de sa mission sacerdotale,c'est à dire d'être au milieu du monde entier, le " prêtre"  médiateur entre Dieu et toute l'humanité. Glorieux avenir !

Mais comment et de quelle façon ce peuple juif ( " paria des nations" ) réussira-t-il cela ? C'est ici qu'on rencontre, dans ces " chants du serviteur d'Israël " une autre figure, un personnage anonyme, appelé aussi le serviteur. Mais celui-là, s'il fait partie d'Israël, s'il est juif parmi les juifs, leur parle aussi et agit aussi pour eux, comme à leur place. Et le chapitre 53 dit qu'il ne deviendra " lumière du monde" que par sa mort !!!

 La gloire de Jérusalem, ou la victoire du sionisme divin.

L'avenir glorieux du " serviteur du Seigneur" va de pair avec l'avenir glorieux de la Cité de Dieu: Jérusalem, " Sion". Les prophètes et les Psaumes  prophétisent et célèbrent d'avance la gloire éternelle de Sion et la victoire finale du " sionisme du Seigneur". Tandis que le sionisme charnel ( celui qui a fondé l'État juif ) est voué à l'échec.

 Certes le 1° Isaïe n'avait pas peur de s'écrier:

"Comment ! La cité est devenue une prostituée ! Ce sont des assassins qui y habitent ! "

( Isaïe 1. 21 ) Il ajoutait :

"Dans la suite des temps, c'est de Sion que sortira la Parole du Seigneur... De leurs épées ils forgeront des socs de charrue. On n'apprendra plus la guerre ! "

( Isaïe 2. 1 à 5 )

Environ deux siècles plus tard, le second Isaïe proclame la Bonne Nouvelle du retour de déportation mais en même temps, il console Jérusalem avec une si belle vision d'avenir qu'il annonce le salut du monde à partir d'une Sion nouvelle, transformée pour toujours. Oui, à partir de Sion ( représentative de tout le peuple juif et " lumière du monde") et nullement à partir de "l'Église" ! Celle-ci a dit et dit encore: " C'est MOI la véritable Jérusalem nouvelle, c'est MOI le nouvel Israël !" Mais ce n'est là qu'antijudaïsme" sournois ! Croyons plutôt le prophète:

"Lève-toi, resplendis, Jérusalem : ta lumière arrive, la gloire du Seigneur se lève sur toi ! Alors que tu es détestée je ferai de toi un sujet de joie pour tous les peuples, de génération en génération"
(Isaïe 60 )

"Tu seras une couronne de splendeur dans la main du Seigneur. Ta terre ne sera plus nommée " Dévastation" mais on l'appellera " l'Épousée". Car comme la mariée fait la gaieté du marié, ainsi tu feras la gaieté de ton Dieu"

( IsaÏe 62 )

"Jérusalem, éclate en cris de joie et triomphe ! Tes fils prendront possession des nations et tu oublieras la honte de ta jeunesse, car celui qui te crée, c'est ton Époux, ton Rédempteur, le Saint d'Israël. Un court instant je m'étais irrité contre toi; mais avec fidélité, pour toujours, j'aurais compassion de toi. Mon alliance de paix ne vacillera pas, dit le Seigneur qui a compassion de toi".

( Isaïe 54 )

" Voici ! ton Roi vient à toi !" ( Zacharie 9. 9 )

Le fils de l'Homme

" Je regardais dans les visions de la nuit, et voici qu'avec les nuées du ciel venait comme un Fils d'Homme...
( Daniel 7.13 )
 

Le livre de Daniel, comme plusieurs livres de la Bible hébraïque, appartient au genre littéraire des "apocalypse". Cette façon d'écrire et de penser est assez déconcertante pour des esprits modernes et occidentaux. Images et symboles ont besoin d'être décodés et expliqués. Mais peu à peu, le message est tiré au clair et facile à comprendre.

C'est de la " prophétie politique", sous les formes nouvelles que prennent les anciennes prophéties, au cours des siècles qui ont suivi le retour de la déportation à Babylone.

 Le contenu de ce message dit avant tout ceci: sur la ruine des espérances humaines de salut se dresse la seule espérance valable pour l'avenir d'Israël et du monde: c'est le Seigneur seul qui va mettre un terme au règne bestial des Puissances mondiales et accomplir un tel renversement politique que naîtront pour toujours " une terre nouvelle et des cieux nouveaux" où la justice régnera.

Et même, selon la finale du livre, la promesse comporte la résurrection des morts:

" En ce temps -là, une multitude qui dort dans la poussière se réveillera, les uns pour la vie éternelle et les autres pour une honte éternelle".

( Daniel 12. 1 à 4 et verset 13 )

Au début du chapitre 13 de Daniel et dans plusieurs des visions qui précèdent, les Puissances politiques mondiales sont symbolisées. Elles le sont, par exemple, par les différents éléments d'une colossale statue aux pieds d'argile qui s'écroule et se brise d'un seul coup ( Ch 12 ). Elle le sont aussi, comme au ch 7, par des bêtes monstrueuses et carnassières. Diverses façon de représenter ces grands Empires à prétention universelle: Assyriens, Chaldéens, Perses, Grecs, Romains, et c..; Devant ces souverainetés, le peuple " des saints du Très Haut" n'a aucun poids ! Mais il est symbolisé non par un animal mais par un humain, " un fils d'humanité", personnalité " corporative" représentative de la communauté d'Israël. Mais surtout la prophétie atteste que " le Très Haut est maître de la royauté des hommes et qu'il la donne à qui il veut " ( 4. 14 ). Or, pour le glorieux et bon dénouement de l'Histoire universelle, c'est à Israël que le Seigneur donne cette royauté, et cela pour toujours. Mais citons ces textes:

 

" Daniel dit: " Je regardais dans ma vision pendant la nuit... Quatre bêtes monstrueuses s'élevaient de la Mer, différentes les unes des autres: la première était comme un lion et elle avait des ailes d'aigle. Une seconde était semblable à un ours. Une autre était comme un léopard ayant quatre ailes d'oiseau sur le dos. Puis c'était une quatrième Bête, terrifiante avec ses dents de fer: or celle-là avait dix cornes....

Je regardais, lorsque des trônes furent installés et un vieillard s'assit... Le tribunal siégea, et des livres furent ouverts: la Bête fut tuée, son corps abattu et elle fut livrée à l'embrasement du feu....

Or, avec les nuées du ciel venait comme un Fils d'Homme. Il arriva en présence du Vieillard. Il lui fut donné souveraineté, gloire et royauté: les gens de tous peuples, nations et langues le servaient. Sa souveraineté est une souveraineté éternelle qui ne passera pas..."

( Daniel 7. 2 à traduction T.O.B. )

Allons droit à l'essentiel et posons-nous la grande question : qui est ce Fils d'Homme" ? Représente-t-il une collectivité ? Laquelle?

Pour répondre à cette question, que les chrétiens ne se mettent pas, à toute vitesse et sans prendre au sérieux ce texte lui même, à donner la réponse qui leur est chère ! Qu'ils ne disent pas trop vite : " C'est Jésus, le Messie, le Christ !"

En effet, que dit la suite de ce passage du livre de Daniel ?

"Quant à la royauté, la souveraineté et la grandeur de tous les royaumes qu'il y a sous les cieux, elles ont été données au peuple des saints du Très Haut: sa royauté est une royauté éternelle; toutes les souverainetés le serviront et lui obéiront ".

( Daniel 7. 27 )

L'interprétation que, dans le même chapitre, le verset 27 donne de la vision du verset 13, paraît évidente et très simple : ce " Fils d'Homme" est une figure individuelle ( certes énigmatique! ) qui symbolise et représente la collectivité du peuple d'Israël, nommé ici " le peuple saint du Très Haut". Le " Fils de l'Homme" , ici, c'est Israël, ce sont les juifs.

Mais " dans ce peuple juif était inclus le Messie, son Roi. On ne peut en effet concevoir dans l'Ancien Testament de royaume sans roi" ( H. Delior ). Le " suspense" devra rester entier jusqu'à ce que, à la fin, " les temps soient accomplis".

Une singulière théocratie

que ce " Règne de Dieu" annoncé par toute la prophétie de la Bible juive (" l'Ancien Testament " selon les chrétiens ) !  Quel étrange contraste entre le particularisme religieux du Judaïsme vieux de tant de siècles et l'universalisme politique du Royaume d'Adonaï Yahvé qui couvrira toute la terre ! Quel paradoxe ! Ce petit peuple détesté, qui lutte pour sa survie, continue d'être le porteur d'un avenir inouï: une humanité nouvelle sur une terre métamorphosée où seul régnera le Dieu d'Israël. C'est cette " théocratie" ( c'est à dire le régime politico-religieux où c'est Dieu qui gouverne ) qu'annonçaient les prophètes d'Israël.

Je sais bien que la plupart des juifs actuels préfèrent ne voir dans leurs prophètes que des prédicateurs de la justice sociale et des valeurs humanistes ! Assurément ils ont tort: tout comme il y eu déviation, au 1° siècle, lorsque s'est constitué et établie une " religion juive", tandis que, parallèlement, les disciples du Messie Jésus se mirent à constituer et à établir une " religion chrétienne"; " judaïsme " et " christianisme" face à face désormais ! Oui " Jésus avait annoncé le Royaume et c'est " l'Église " qui est arrivée "! ( Loisy ) Théocratie trahie par les siens....

  Ne perdons pas de vue, en effet, que jusqu'à la destruction du Temple en l'an 70, le peuple d'Israël vivait sous le régime d'une théocratie, celle de Yahvé. Certes, c'était une théocratie de transition et d'attente d'un bien meilleur royaume; certes, ni les rois ( tel Hérode ) ni les grands prêtres du temps de Jésus ne représentaient dignement la souveraineté d'Adonaï, le Seigneur souverain. Mais tous les juifs, de quelque courant spirituel qu'ils soient et quel que soit leur lieu de vie, se considéraient comme les sujets du Grand Roi, leur Seigneur résidant à Sion.

Bien sûr les autorités romaines classaient cette théocratie dans la catégorie des "religions" de l'Empire, tout comme aujourd'hui on classe la " Royauté de Jésus Christ" dans la rubrique des " religions". Il n'empêche que, du point de vue du Dieu d'Israël, du Dieu de Jésus, le peuple d'Israël est et aurait du rester le peuple théocratique du Royaume de Dieu. Et cela collectivement, en tant que " nation sainte" et " royaume sacerdotal", le rôle du Messie promis n'étant pas d'abolir cette théocratie divine mais de la servir. C'est ce service-là que Jésus de Nazareth a voulu accomplir en proclamant " le Règne de Dieu est proche ! Revenez à Dieu !"

suite
 

 

Georges SIGUIER  1920--2016
 (Pasteur, Église réformée de France)  


 

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