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CIVISME ET POLITIQUE
 Se SOUVENIR DE.... L'AVENIR

Mazamet 2009

 

Civisme et politique 

vus du point de vue biblique

 à la lumière de Jésus 

et de son évangile



11 accélération de l'histoire

13 Voici l'homme

15-devoir de désobeissance

16 Jesus notre seul avenir

17-BABEL orgueil des hommes

18-92ans evolution

19 Dieu-la religion-l'Eglise

20-vive l'Apocalypse-accueil.

21-accueil-l'imminence de la fin

22-conduite-a-adopter

23accueil-harmaguedon.

24000-accueil-jerusalem.


12 Se souvenir ..de l'avenir

12100-accueil-souvenir.html

12110-politique-inconciliables.html Politique humaine et politique de Jésus inconciliables

12111-jesus-ou-cesar.html Il faut choisir: non-violence et non-pouvoir

12112-civisme-evangelique.html Amour des ennemis

12113-cesarsansavenir.html les pouvoirs sont sans avenir....

  12120-royaume-eglise.html Jésus a annoncé le Royaume et c'est l'Eglise qui est venue..

12121-retour-du-sacre.html

12122-personnes-sacrees.html

12123-actes-sacres.html

12130-politico-religieux.html Non au politico-religieux !

12200-envoi-conseils.html

 

Dieu, le sacré, le culte, l'église, la chrétienté

RELIGION

oecuménisme, multitudinisme, sectes et dissidences, catholicismes, protestantismes, sacrements, eucharistie, ministères, actes pastoraux, laïque 1 , laïque 2, papauté, théologie, mystique, évangélique, objections de conscience, ecclésiale et c....

" Jésus a annoncé le Royaume de Dieu et... c'est l'Église qui est venu."

Alfred Loisy ( 1857-1940 ) prêtre excommunié

Oui, c'est une " religion" qui est venue, hélas! 

OBJECTIONS à  L'ÉGLISE

De même qu'en matière de politique la foi au Christ conduit à être objecteur " par motif de conscience", de même en matière de religion, la même conscience du chrétien le conduit à des objections.

J'ai été amené, pour ma part, à de telles objections, théologiques et pratiques, contre ce qui m'apparaît clairement comme des déviations de l'Église. Je m'en expliquerai plus loin.


Pour commencer ce chapitre intitulé "Religion" par quelques mots sur l'Église, arrêtons-nous un peu sur la phrase d'Alfred Loisy que je viens de citer: " Jésus a annoncé le Royaume de Dieu et... c'est l'Église qui est venue". J'ajouterais volontiers " Hélas ! " Mais un théologien actuel préfère ajouter le correctif suivant: " Oui, d'accord, mais l'Église continue d'annoncer le Royaume de Dieu". A chacun d'en juger. Mais la phrase de Loisy dit vrai.


Deux remarques, en tout cas, me viennent à l'esprit.

- La première est un étonnement: je me suis vu obligé de classer " l'Église " dans la rubrique " Religion" comme tout le monde.

Or, dans le premier chapitre intitulé " Politique" je viens tout juste d'expliquer pourquoi il faut mettre dans la catégorie " politique": et le Seigneur d'Israël et sa " théocratie" et la Seigneurie du Messie Jésus et son Royaume et l'Évangile fondateur ( " Jésus a annoncé le Royaume de Dieu".)

Me suis-je trompé? Où est l'erreur? Pourtant, me mettant à la place du lecteur, il fallait bien que j'emploie son langage habituel qui est celui de tous les historiens, sociologues, journalistes, hommes d'Église. Ceux-ci , depuis le 4° siècle, ont permis que la communauté du Messie juif soit inscrite au nombre des " religions" de ce monde, sous le nom de " christianisme". Tout fidèle d'une dénomination chrétienne pense ainsi et parle ainsi. Et la revue " Le monde des religions" ( Directeur Frédéric Lenoir) a pour objet de parler des diverses " religions" du monde actuel ou des siècle passés: culte des ancêtres, animisme, chamanisme, taoïsme, bouddhisme, islam, judaïsme, christianisme et c... Le langage courant nous a habitués à grouper dans la rubrique "monothéisme" les trois grande religions: judaïsme, christianisme, islam. Il classe en même temps, sous le groupe " christianisme" , des sous groupes tels que catholicisme romain et protestantisme:" Je suis de religion protestante" dit couramment le protestant ordinaire.


- Ma deuxième remarque est une constatation mais une constatation qui remet en cause un certain nombre de faits et de situations, du moins si on veut prendre au sérieux l'autorité souveraine du Christ ressuscité.

Il m'arrive souvent de demander à un interlocuteur qui milite pour les " valeurs protestantes": " Mais voyons, dites-moi, Jésus était-il protestant? ou était-il catholique? " Un peu gêné l'ami est bien obligé de répondre : " Ni l'un ni l'autre !"

Bien sûr ! C'est l'évidence même, selon le Nouveau Testament.

Et si c'est à un catholique que je pose la même question , il est également gêné et surpris, me disant parfois: " Tiens je n'avais jamais pensé à ça ! ", tellement il est formé à unir indissolublement Jésus et la " religion catholique romaine".


Or, un tel état de fait me trouble au plus haut point, et cela depuis longtemps. Non pas pour promouvoir le retour pur et simple au " christianisme" primitif ( en niant vingt siècles d'Histoire) mais, au contraire, pour désacraliser l'Histoire prétendument conduite par le Saint Esprit.


N'importe quel lecteur impartial du Nouveau Testament est frappé de constater un immense contraste entre ce qu'est l'Église actuelle héritée de nos pères et ce qu'étaient les assemblées chrétiennes de la seconde moitié du premier siècle. Plus grave encore et plus profond le fossé creusé entre l'enseignement de Jésus d'après les Évangiles et les doctrines ecclésiastiques enracinées depuis des siècles.

L'opposition est telle que, sans hésiter, il faut parler de subversion, de dérive, de caricature et de trahison.

Trahison envers le chef souverain de l'Église, le Christ au pouvoir " à la droite du Père ".

Si ce n'était que reniements de ce que nos aïeux ont cru et pratiqué, s'il ne s'agissait que de contrarier nos guides spirituels respectifs, si le plus grave n'était que d'attrister nos " Églises", on pourrait prendre à la légère l'état de fait auquel chaque chrétien est tellement habitué. Après tout, cela n'empêche pas de dormir !

Mais si, à l'inverse, c'est le Seigneur lui-même qui pleure continuellement sur notre trahison, si c'est lui ( mort pour nous et par nous ! ) que nous offensons et contrarions radicalement, alors il y a nécessité absolue et urgence pour que nos objections de conscience ecclésiales soient radicales et en actes.

JÉSUS CONTRE LA RELIGION

C'est une grave erreur de croire que Jésus a voulu fonder une religion. Le projet et le programme du Prophète galiléen n'ont jamais été de créer le "Christianisme", une religion " chrétienne" venant succéder à une religion juive, le judaïsme. A juste titre on fait remarquer que, selon le Nouveau Testament, Jésus de Nazareth n'a jamais été un "chrétien", le premier chrétien!

Certes on peut comprendre que les historiens et les sociologues contemporains soient tenus d'avoir cette vision des choses et classent un " christianisme" après un "judaïsme" et avant un " mohamétanisme", ( l'Islam): catalogue des religions!

Mais l'exégète des Évangiles voit bien, à chaque page de ces témoignages, que Jésus a voulu proclamer et inaugurer le Royaume de Dieu et, à cet effet, ramener tout Israël à la " théocratie" d'Adonaï son Père, c'est à dire, à la fidélité à l'Alliance et à la Sanctification de son Nom: " Que ton Nom soit sanctifié!", qu'il ne soit plus profané! Car le Dieu d'Israël seul est " Saint " ( unique en son genre, en exclusivité) et en lui seul est absorbé et dissous tout le " sacré".


 C'est le moment, ici , de montrer la différence entre le " sacré" et le " saint", à la lumière de ce que révèlent les écrits des évangélistes et des apôtres:

- Est " Saint" ce qui est mis à part pour appartenir totalement à Dieu et servir à son usage exclusif. Par exemple quiconque croit en Jésus comme à son Maître et Sauveur est un " saint" ..Le corps du chrétien est " saint", et c. Parce que " Toi seul es Saint, toi notre Père, nous participons à cette sainteté en ajustant notre conduite à la tienne".

- Le " sacré", par contre, est le contraire du " profane" et se retrouve dans toutes les religions. Au sens strict, il est ce qui a une valeur absolue au point de ne pouvoir être touché ( sauf précautions rituelles particulières) sans sacrilège. Le sacré exige vénération, adoration, respect inconditionnel et sacrifice ( " Mourir pour la patrie est le sort le plus beau"." Amour sacré de la patrie..." " Pays sacré de nos aïeux" ( chant de la cévenole").

Le "sacrement" est un rite qui rend sacré, par lequel le sacré opère. Et le sacrilège, offense faite au sacré, consiste par exemple à cracher sur un crucifix ( ainsi fit Giordano Bruno, sur le bûcher dressé par l'Église en 1600, à Rome).

 JÉSUS A ABOLI TOUT SACRE

L'énumération qui suit permet de comprendre la profondeur de la révolution " religieuse" accomplie par Jésus dont la croix a aboli tout sacré:

Personnes sacrées, Lieux et espaces sacrés, Temps et cérémonies sacrés.

Actes et rites sacrés, Paroles et dogmes sacrés, Objets et vêtements sacrés.

Édifices et liturgies sacrés, Hymnes et chants sacrés, Musique sacrée.

Sacralisation des défunts , des martyrs, de la Nation

Sacralisation d'un Livre, de l'Église, de la Tradition .....

Il faudrait relire attentivement les quatre évangiles pour voir notre Maître à l'oeuvre, désacralisant en paroles et en actes aussi bien le clergé du Temple que le Chabat, aussi bien les théologies dominantes que les prescriptions rituelles ou les interdits ( il touche un lépreux qu'il guérit !!). Je soulignerai spécialement ce qu'il dit du Temple, selon Jean 4.

L'ABOLITION DES SANCTUAIRES

Dans l'évangile de Jean, Je conseille de relire le chapitre 4 ( versets 1 à 42 ): l'épisode de la rencontre de Jésus avec la femme samaritaine.

Resté seul, prés du puits de Jacob, avec cette femme méprisée par tout le village, Jésus brise tous les " tabous" et, successivement, renverse toutes les frontières que les règles morales ou la tradition ou les convenances voudraient lui imposer:

- rester seul avec une femme épiée par les gens, cela n'est pas convenable: Il le fait.

- Qu'un juif parle si librement avec une personne de cette Samarie hérétique qu'on évite de rencontrer: il le fait

- Qu'un passant si instruit en théologie, ose en même temps entrer dans la vie privée de cette femme, lire dans son passé et lui ordonner " va chercher ton mari!", cela semble un peu fort: il le fait

- Mais le plus inouï c'est qu'il dit des lieux sacrés, des sanctuaires; à cet égard soulignons-en l'importance:

" Nos pères samaritains ont adoré sur cette montagne-ci ( le mont Gazizim avec son sanctuaire) et vous juifs, vous affirmez qu'à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer". Jésus lui dit: " Crois-moi femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne que vous adorerez le Père.... le salut vient des juifs. Mais l'heure vient ( et maintenant elle est là ) où les vrais adorateurs adoreront le Père en Esprit et en VéritéDieu est Esprit...."

( Évangile de Jean 4 . 20 à 24 )

En Jésus le Messie qui est le vrai Temple définitif de Dieu, le temps des temples, sanctuaires, lieux sacrés ou autres " hauts-lieux" est dépassé. Depuis que, sur la croix, la Religion l'a tué comme un maudit exécré qu'il faut profaner et éliminer, Jésus nous invite à anticiper la situation du Royaume qui vient

" Là, dans la Cité nouvelle, je ne vis plus de Temple. Car son Temple c'est le Seigneur, avec l'Agneau."

( Apocalypse 21. 22 )

SE SOUVENIR DE L'AVENIR

Nous l'avons écrit précédemment, en ce qui concerne la politique ( c'est à dire le gouvernement d'une population par un État) le chrétien est appelé à garder en mémoire ceci: dans le Royaume de Dieu qui vient, il n'y aura plus ni Pouvoir ni Domination sauf ceux de Jésus, régnant uniquement par Amour.

De façon directe, immédiate, permanente, sans autre médiation que son Esprit Saint, Jésus se fera le serviteur de tous.

C'est de ce Futur-là qu'il faut sans cesse se souvenir afin de l'anticiper déjà, dans nos comportements civiques au milieu de nos semblables.


Exactement de la même façon, en ce qui concerne la religion, et le sacré que la religion sert, produit et réglemente, le chrétien est appelé à garder en mémoire ceci: dans le Royaume de Dieu qui vient, il n'y aura ni Sacré ni Religion sauf la sainteté parfaite de notre Père et de son Fils unique, nous sanctifiant de l'intérieur par leur Saint Esprit d'Amour.

C'est ce Futur-là qu'il nous faut anticiper dans notre façon de vivre en église, au milieu de nos frères.

Suite : 12121-retour-du-sacre.html

 

 Georges SIGUIER Le Refuge protestant, 20 rue St Jacques, 81200 MAZAMET


 

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