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" VOICI  L'HOMME ! "

Mazamet 2009

 


Civisme et politique 

vus du point de vue biblique

 à la lumière de Jésus 

et de son évangile





11 accélération de l'histoire

13 Voici l'homme

15-devoir de désobeissance

16 Jesus notre seul avenir

17-BABEL orgueil des hommes

18-92ans evolution

19 Dieu-la religion-l'Eglise

20-vive l'Apocalypse-accueil.

21-accueil-l'imminence de la fin

22-conduite-a-adopter

23accueil-harmaguedon.

24000-accueil-jerusalem.


13 Voici l'homme

13001 l'homme des origines

13002 l'homme des origines

13005 l'homme incomparable

13006 l'homme incomparable

13007 l'homme indésirable

13008 l'homme indésirable

13009l 'homme adorable

13010l 'homme de l'Avenir

 

L'homme des origines
suite

 NOUS RESTONS IMAGE DE DIEU

Depuis les origines notre Père ne s'y reconnaît plus. Quand il regarde les humains pour reconnaître en eux l'image de son Amour, il ne voit que des caricatures. " tous sont privés de la gloire de Dieu" dit l'apôtre Paul. Tous l'offensent, tous pèchent contre leur Dieu. Comme l'écrivait un auteur portugais Fernando Pesôa: " l'âme humaine est un asile de fous, peuplé de caricatures" ( le livre de l'intranquillité page 54 ). C'est ainsi que l'humain devient inhumain.

Il y a peu de temps un dessinateur, un journaliste, a caricaturé la tête de Mahomet, le fondateur de l'Islam. Cela a déclenché un tumulte mondial. Les milieux musulmans ont crié au blasphème !

Mais quand Jésus est caricaturé, personne ne s'en émeut, même pas ses propres adeptes ! Ceux-ci, il est vrai, sont habitués depuis des siècles de " chrétienté" à " déguiser" leur Maître en donnant de lui une fausse image. Par leur propre mode de vie chrétienne ils défigurent Jésus au milieu des nations, et pas occasionnellement mais en permanence, collectivement et individuellement.

Hier c'était le croisé qui mettait la croix en évidence sur son uniforme militaire et son drapeau, dans la guerre qu'il menait " au nom de Dieu" contre les infidèles et les hérétiques.

Hier, plus près de nous, c'était la Choah, génocide perpétré par des baptisés " au nom de jésus", des protestants et des catholiques formés à adorer " César " en même temps que Jésus, donc à être disponible pour le meurtre.

Aujourd'hui les chrétiens sont habitués à coopérer à la volonté de puissance de leur Nation, exactement comme les non-chrétiens. Ils votent pour la dissuasion nucléaire. Ce sont eux qui se sont servis de ces bombes pour détruire Hiroshima et Nagasaki en 1945. Alors, à cause d'eux, le Nom du Seigneur est blasphémé sur la terre entière. Jésus dit à ceux qui se réclament de lui ce que, par la bouche du prophète Ezéchiel, Dieu répétait à Israël: " Vous avez profané mon Nom parmi les nations et c'est à cause de vous que mon Nom est blasphémé parmi les peuples où je vous ai dispersés".

Mais l'histoire montre que les non-chrétiens sont aussi inhumains que les membres de la chrétienté. L'histoire des États, des Empires et des Blocs politiques est une horreur: folie des guerres et des crimes contre l'humanité, ambitions démentielles ( des " gratte-ciel " toujours plus hauts ), perpétuel écrasement des pauvres par les riches, et c... Dieu aurait eu les plus justes raisons d'en finir une fois pour toutes avec notre engeance. Au temps de Noé ( Genèse 6 à 9 ) , c'est ce qu'il avait décidé de faire par le grand Déluge. Puis il s'est ravisé, il s'est " repenti", il a changé d'idée: il a sauvé Noé et les siens et il a recommencé une nouvelle Histoire. Il a considéré que l'homme, bien qu'affreuse image de Dieu, restait néanmoins " image de Dieu" !

 C'est inouï ! Aux yeux de Dieu l'être humain, même monstrueusement pécheur, reste " à l'image de Dieu". La bible le dit lorsque, après le Déluge, l'humanité reçoit des commandements destinés à maintenir un minimum d'ordre dans le désordre et dans la crise mondiale:
" Qui verse le sang de l'homme par l'homme aura son sang versé, car à l'image de Dieu Dieu a crée l'homme
( Genèse 9. 6 )

Oui, chacun de nous renvoie à Dieu son image caricaturée, comme ces grands miroirs  déformants fabriqués pour que celui qui s'y voie s'y voie tordu, disloqué, drôle ou épouvantable, et dise : " Ah ! non! ce type-là ce n'est pas moi!!! "

Or c'est bien toi....

Ainsi Néron, le César persécuteur, restait image de Dieu. Attila aussi. Hitler aussi. Pol pot aussi, lui l'assassin de 2 millions de cambodgiens....

Étrange Dieu qui persiste à voir ses propres traits chez celui que nous qualifions de monstre ! Celui-là, Dieu l'aime aussi !!!

LA VOLONTÉ DE PUISSANCE.

La Volonté de puissance et de pouvoirs est au coeur de tout homme, depuis les origines. C'est la tendance à vouloir être " comme un dieu" selon la suggestion du Serpent. Il m'est facile de la discerner chez les autres: la femme que son mari " domine ", et maltraite parfois, la voit fort bien; pour la voir chez les politiciens on n'a pas besoin d'une loupe; dans les compétitions sportives elle éclate au grand jour; sous l'aspect de la course au profit, avec son lot de pressions psychiques inhumaines et mortifères, on ne la voit que trop.

Mais moi ? n'ai-je pas envie d'être comme un dieu lorsque je suis au volant de ma voiture ? J'ai alors besoin de cette griserie irrésistible que me procure facilement un peu plus de pression de mon pied sur l'accélérateur....

Mais moi je ne me sens ni responsable ni coupable... puisque tout le monde le fait ! Tout le monde fait pareil, voilà bien ce conformisme qui n'avait jamais été aussi mondialisé qu'aujourd'hui. Seulement les moyens techniques gigantesques que nous mettons au service de notre volonté de puissance sont devenus capables de détruire l'humanité entière.. Et déjà le déferlement des techniques ( internet, bureaucratie informatique, gadgets.. ) provoque sur chacun de nous une lente, graduelle et sournoise déshumanisation.

Pour justifier et préconiser la volonté de puissance le 19 ° siècle nous avait gratifiés d'un " prophète" ( ! ) en la personne d'un philosophe allemand : Friedrich Nietzche ( 1844 - 1900 ) . Voici un aperçu de ses idées:

" Pour Nietzsche la volonté de puissance était le principal moteur de la nature humaine... Il pensait que cette volonté est une force créatrice et que, grâce à elle, les hommes peuvent atteindre un niveau de conscience supérieur... Il considérait que l'héritage moral et intellectuel européen n'était qu'un rejet de cette réalité et une morale d'esclaves. Celle-ci s'opposait à la " morale des maîtres" dont les vertus majeures étaient la noblesse, le courage, la créativité et la force de caractère.

Nietzsche estimait que le christianisme avait inversé l'ordre des valeurs en imposant à l'ensemble de la société la morale des esclaves, la morale des faibles: c'est ainsi que la puissance, à l'origine valeur positive de l'aristocratie guerrière, avait été déconsidérée au profit de la piété.

Dans son livre " Ainsi parlait Zarathoustra" le philosophe annonçait la venue du surhomme qui, créant lui-même ses propres valeurs grâce à sa volonté de puissance enfin libérée, vivrait dans l'affirmation la plus totale de la vie, sans ressentiments ni remords "

( Robert Stewart " les idées qui ont changé le monde" édition France Loisirs page 79 à 81 )

Il est venu, ce surhomme sans pitié, ivre de volonté de puissance. De 1930 à 1945, issu de ce terreau fécond du militarisme prussien, il a semé la mort dans le monde entier. Il se nommait Adolp Hitler.

LE SURHOMME.

Le " surhomme " est un être humain qui se dit supérieur aux autres êtres humains, notamment à cause de sa race, du sang qui coule dans ses veines ou de sa condition sociale. Un " superman ".

Le type même de cet orgueil insensé a été l'idéologie du national-socialisme en Allemagne. Elle considérait que la " race germanique " était supérieure à toutes les autres et que l'aryen blond, grand, musclé et au sang noble était l'" Homme nouveau " Le surhomme destiné à dominer le monde. Peu importe si Hitler, Goebbels, Goering et compagnie ne correspondait pas parfaitement ( physiquement en tout cas ! ) au modèle de la " race des seigneurs ". Par leur cruauté ils étaient typique de " l'Homme nietzschéen".

Staline, de son coté, et les dirigeants soviétiques, sortaient eux aussi de ce " ventre fécond de la Bête immonde" qui, actuellement , continue d'enfanter ce genre d'Hommes Nouveaux qui subjuguent les foules et les aliènent. 

Or la création entière, aliénée par le péché humain, soupire et gémit dans l'espoir et l'attente du vrai Homme Nouveau et de l'authentique Humanité Nouvelle ( Romains 8.22 ) Mais lorsque nous disons d'un tel" Ah ! celui-là c'est un homme! " nous n'avons à proposer comme modèle que cette nouvelle recrue de la légion étrangère vue récemment à la télévision. A la question que lui posait le présentateur: " Pourquoi avez-vous choisi de vous engager dans cette voie? " La réponse a été: " Pour devenir vraiment un homme". Hélas ! " l'aristocratie guerrière" de Nietzche a encore de beaux jours devant elle !

 LES SOUS-HOMMES

Il y a toujours, dans le monde entier, des millions d'hommes et de femmes qui, dans tous les domaines, font preuve d'une valeur humaine telle qu'on cherche à les prendre pour modèles. En général se sont des inconnus, des sans-grade ou des sans-argents. Certes, tous, comme moi, sont des fils d'Adam, des hommes pécheurs privés de la gloire de Dieu. Mais quelle joie, quel régal quand on apprend ce qu'ils font et ce qu'ils sont ! J'ai éprouvé cette joyeuse émotion en écoutant à la radio, sur France-Inter, le savant généticien Albert Jacquard. Le journaliste qui le présentait tenait à glorifier cet invité en rappelant qu'il avait été élève de la prestigieuse École Polytechnique. Aussitôt Jacquard prit la parole pour dire calmement: " Oui, c'est exact. Mais aujourd'hui j'en ai honte. L'École Polytechnique est une fabrique de conformistes. Quand vous sortez de là, on vous a mis au pas et on vous fait marcher au pas cadencé. Il n'y a qu'à les regarder, à chaque défilé du 14 juillet, descendre l'avenue des Champs Elysées... Ils sont comme les moutons de Panurge ! Et la foule les applaudit..." Jacquard, lui, vient en aide à des " sous-hommes" qui, sans logis, ont besoin que des amis réclament pour eux un logement décent ( le D.A.L.)

Certes les " sous-hommes" n'existent pas du point de vue de Dieu. Ce sont les soi-disant " surhommes" qui les définissent ainsi et les fabriquent ainsi, par le regard qu'ils portent sur eux. Ils les créent du haut de leur grandeur, en pensant que ces gens là ne méritent pas le nom d'hommes.

Pour les nazis, les juifs étaient des sous-hommes, mais également les tziganes, les " nègres", les handicapés mentaux, et c.... On pouvait donc sans pitié, soit les éliminer en quelques instants à Auschwitz soit les utiliser comme esclaves pour le travail forcé dans les autres camps de concentration. Le pire était la volonté de les avilir et de les déshumaniser jusqu'à ce qu'eux mêmes en arrivent souvent à ne plus se comporter comme des hommes.

On me dira: " C'est du passé, tout ça ! " car la réalité est souvent insoutenable et on préfère ne pas voir que " l'homme est un loup pour l'homme".

Et est-ce du passé, par exemple ces deux faits suivants:

- En Inde le régime des castes continue comme avant, en dépit des lois récentes: les" intouchables" ( ceux de la caste la plus basse ) sont toujours traités comme des intouchables et affectés aux travaux les plus durs. On les regarde comme des sous-hommes.

- En Thaïlande, des milliers de très jeunes filles, de famille pauvres, sont forcées de devenir des prostituées dans les rues des grandes villes. Pourquoi cette monstruosité, qui les réduit à l'état d'objets? Pour les faire servir à ce " tourisme sexuel" que veulent se payer de riches européens et américains. Ces " touristes" se considèrent probablement comme des " surhommes", tellement ils sont raffinés, distingués et " haut-placés" !

Actuellement la progression accélérée des techniques que la société invente et utilise ( Internet par exemple ), pour en consommer toujours plus, s'accompagne d'une sournoise déshumanisation de la société. La Technique est devenue autonome, n'obéissant qu'à ses propres logiques et, de ce fait, réduisant l'être humain à en être l'esclave: un robot, une pièce de la Machine globalisée ! Le chrétien Jacques Ellul, il y a quelques décennies, avait magnifiquement prédit cette évolution.

Or, aujourd'hui, on voit bien que le train accélère sa marche folle et que rien ne pourra l'arrêter. Car la locomotive n'a pas de conducteur et, dans les wagons, on joue avec les portables, ou on a les écouteurs dans les oreilles pour écouter Michaël Jackson, un des demi-dieux, de ces "idoles" qu'on "adore" !


A Jérusalem, il y a vingt siècles, voici un Romain, un européen distingué et cultivé, face à une foule survoltée. Il se considère comme un " surhomme" d'autant plus qu'il est le légat d'un Empereur en voie de divinisation, le " César " qui, de Rome, règne sur le monde.

En tant que surhomme il a une bonne occasion de faire et de montrer un " sous-homme " : il montre un juif que les bourreaux viennent de flageller et qui est couvert de sang. Il se nomme Jésus. On va bientôt le crucifier. Le Chef, le Romain se nomme Ponce Pilate. Pour Pilate, ce juif n'est plus un homme: c'est un " déchet", un " débris", " ein stück " diront plus tard les S.S. du camps de Mauthausen.

Alors, avec dégoût, mais avec la complicité des chefs religieux de Jérusalem, Pilate crie à la foule:

" Voici l'homme !"

 Suite : l'homme incomparable

 

Georges SIGUIER  1920--2016
 (Pasteur, Église réformée de France)  


 

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