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JESUS NOTRE SEUL AVENIR

Mazamet 2011

 

 Civisme et politique 

vus du point de vue biblique

à la lumière de Jésus

et de son évangile.




11 accélération de l'histoire

13 Voici l'homme

15-devoir de désobeissance

16 Jesus notre seul avenir

17-BABEL orgueil des hommes

18-92ans evolution

19 Dieu-la religion-l'Eglise

20-vive l'Apocalypse-accueil.

21-accueil-l'imminence de la fin

22-conduite-a-adopter

23accueil-harmaguedon.

24000-accueil-jerusalem.




UN SEUL EVANGILE :  JESUS

BONNE NOUVELLE
Selon son étymologie grecque le mot " évangile" signifie " bonne nouvelle", " joyeux faire-part". Il peut donc s'appliquer à des évènements très variés. Par exemple, pour m'annoncer la naissance de leur enfant, les parents m'enverront un joyeux message, une bonne nouvelle, un " évangile" pourrait-on dire.
Mais ici, bien sùr, nous employons le sens qu'il a pris au 1° siècle pour dire la bonne nouvelle de Jésus-Christ ou, mieux, la bonne nouvelle qui est Jésus-Christ.
Citons aussi, pour mémoire, les mots dérivés: " évangélisation" ( action d'annoncer l'Evangile),  " évangélisateur" ou " évangéliste" ( celui qui annonce l'Evangile), " évangélique" ( synonyme de "protestant" en Allemagne ou, en France, qualificatif désignant une catégorie de protestants. ( Trop de journalistes mal informés confondent encore " évangéliques "  et " évangélistes"! ) et aussi les quatre premiers livres du Nouveau Testament. Mais on parle aussi de "valeurs évangéliques" ou de " vertues évangéliques" pour les discerner chez un François d'Assise par exemple.
Et la Bible complète le mot en parlant d'Evangile " du Royaume"," du salut", " de paix", et c..

MAUVAISE NOUVELLE
Dans le passé l'Eglise s'est rendue coupable de transformer en mauvaise nouvelle cette excellente nouvelle qu'est l'Evangile de Dieu. Notamment en lui substituant l'annonce d'un jugement dernier terrifiant ou en le changeant en une loi, une morale, donc en légalisme.
Or, comme l'écrit Frédéric Lenoir, " le message de jésus est totalement subversif à l'égard de la Morale,  du Pouvoir et de la Religion puisqu'il met la non-puissance et l'amour au dessus de tout. A tel point que les chrétiens ont eu vite fait de le rendre plus conforme à l'esprit humain en le réinscrivant dans un cadre de pensée et de pratique religieuses traditionnelles. La naissance de cette " religion chrétienne" ( et son incroyable dévoiement à partir du 4° siècle dans la confusion avec le pouvoir politique) est bien souvent aux antipodes du message dont elle s'inspire."
Autrement dit: l'unique Evangile, et sa nature terriblement subversive, ont été peu à peu annihilés par la religion de " chrétienté", toujours vivace aujourd'hui.
Je voudrais donc réagir contre cette trahison en insistant sur deux points essentiels:
- L'Evangile n'est pas une religion.
- L'Evangile est une politique.
Pour l'honneur de Jésus et contre le " prêt à penser"...

L'EVANGILE N'EST PAS UNE RELIGION
Journal Réforme: Tribune libre : Le Christianisme. Une religion? (Jean-Marc batut)

Les spécialistes de la religion se dérobent quasiment tous quand il s'agit de définir l'objet de leur spécialité, sauf à s'élever à un degré impressionnant d'abstraction. Comme par exemple celle-ci (Paul Tillich) " La religion consiste dans une relation déterminée de l'esprit humain à l'inconditionné". " L'inconditionné" c'est la forme la plus attractive de l'idée qu'on peut se faire de Dieu. Mais ce n'est jamais qu'une idée de Dieu, qu'on peut se faire de Dieu, c'est-à- dire une idole. A lire les évangiles, je n'arrive pas  à voir que celui que Jésus appelle le  Père entre dans la catégorie de l'inconditionné. Du reste, il  y  a  déjà vingt six siècles  que le prophète posait la question: " A qui voulez-vous comparer Dieu?" ( Es40, 18) Question rhétorique, c'est à dire  n'appelant pas de réponse explicite, tant celle-ci est évidente. On est ainsi conduit à poser la question: oui ou non, le christianisme est-il une religion? La réponse ne fait aucun doute pour l'écrasante majorité des gens. En fait, tout dépend de ce qu'on appelle le "christianisme". S'il est  ce qu'ont en commun aujourd'hui les Eglises dites " chrétiennes", le christianisme est bel et bien une religion.
" On a envie de dire: quelle trahison!"
Mais si le mot se réfère au mouvement initié par Jésus, on éprouve quelque peine à le faire entrer dans la définition qu'en donne par exemple le Micro Robert ( 1971) " Ensemble d'actes rituels destinés à mettre l'âme humaine en rapport avec Dieu, avec le surnaturel."  Jésus, en effet , n'a jamais proposé aucun rituel - même pas la cène/eucharistie- puisque, selon lui, Dieu a déjà pris lui-même l'initiative d'établir durablement cette relation par sa Parole. Au départ, le christianisme n'était donc pas une religion. Il était simplement un mouvement visant à répandre un message de salut pour l'ensemble de l'humanité. Un message de salut ( l'Evangile) non pas pour un plus tard et un ailleurs des plus imprécis, mais un message de guérison pour ici et maintenant, qui portait essentiellement sur le changement de mentalité et de comportement des humains entre eux ( la " deuxième table" des commandement). Aujourd'hui, le  christianisme est devenu une religion. Il ne pouvait rien lui arriver de pire. Car, face aux religions,  il apparaît nécessairement comme un rival. Ce qui stérilise a priori toute tentative de faire connaître aux adeptes de ces religions le message du seul salut possible pour notre humanité si malade. Quelle dégénérescence! On a envie de dire: Quelle trahison! L'intérêt que lui portent aujourd'hui les spécialistes du " fait religieux" est la punition que lui mérite cet abâtardissement.

Journal Réforme: Tribune libre : Le Christianisme. Une religion? (Jean-Marc Batut)

"  Ce que je redoute le plus c'est un christianisme sans Christ
".
( Willian Booth, fondateur de l'Armée du salut)

L'EVANGILE EST UNE POLITIQUE
Voilà ce qu'il faut ajouter pour compléter ce qui précède et le préciser ainsi: l'Evangile  est la révélation de la politique .....de Dieu.
Mon dictionnaire, en effet, à l'article " politique", m'aide à distinguer le politique, qui est le domaine des relations humaines dans la  cité ( grec" polis") . la politique qui est " l'art et la pratique de gouverner les sociétés humaines" ( le Pouvoir). une politique qui est  telle manière de gouverner, ou tel programme, par exemple " une politique de neutralité" et c.
- Au premier sens, il est évident que le Dieu de Jésus, s'il est le Dieu, non seulement est intéressé par le politique des humains mais aussi y exerce sa souveraineté, le contrôle et y agit.
- Au deuxième sens, il est clair, selon tout le témoignage biblique, que Dieu est entré dans l'Histoire humaine d'une manière spécifique en faisant alliance avec Abraham et les patriarches, puis avec Moïse et le peuple d'Israël, enfin avec Jésus son Messie- Roi.
- Au troisième sens, le programme politique de Dieu est un plan de salut visant le monde entier et qui peut être résumé par la Parole dite aux prophètes: " Voici, dit le Seigneur, je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice régnera " ( Ese 65, 17)
LA POLITIQUE DE JESUS.
Si ce qui vient d'être lu correspond à la réalité, on peut donc déjà comprendre pourquoi le titre de ce chapitre est " Un seul Evangile:: Jésus". Jésus est l'unique politique de Dieu. La Bonne Nouvelle est unique en son genre parce que la politique divine du salut est exactement celle de Jésus. Lorsque Jésus commence sa proclamation, en Galilée, il dit: " Le Règne de Dieu est proche !  Croyez à la Bonne Nouvelle !"
Cet Evangile est politique. Un "Règne", c'est de la politique. Un Messie-Roi donné à Israël et au monde, c'est le programme politique du Seigneur Dieu. Non pas un souverain qui trônerait tout en haut d'une hiérarchie de " Seigneurs" restant des " Seigneurs", mais un souverain qui combat tous ces petits seigneurs éphémères qui sont ses rivaux. Car Jésus, son Messie, est la politique de Dieu, en contradiction avec toutes les politiques du monde présent:

" Pourquoi cette agitation des peuples, ces grondements inutiles des nations? Les rois de la terre s'insurgent contre le Seigneur et contre son Messie... Mais il rit, celui qui siège dans les cieux; le Seigneur se moque d'eux. Alors il leur parle avec colère: " Moi, c'est moi qui ai sacré mon Roi sur Sion, ma montagne sainte!"
 ( Psaume 2 )


LA POLITIQUE DE L'EGLISE.
Là, on tombe de haut! et il va être nécessaire  de désolidariser le Messie de son Eglise et de " dédouaner" le Seigneur du discrédit jeté sur lui par les chrétiens.
Car l'Eglise ce sont les chrétiens, c'est nous, pas meilleurs que nos pères!
A partir du moment, dès les premiers siècles, où l'Eglise a eu le Pouvoir et s'est transformée en religion " chrétienne", elle était nécessairement tenue de faire de la politique. Pas la politique de son Maître Jésus mais celle de " César", son nouveau Maître, hélas!
Or, durant des siècles et quels que soient les " Césars" au Pouvoir, ce comportement a été d'autant plus nuisible aux peuples que l'Eglise se disait servante de Jésus et porte-parole de Dieu.
Ce système politico-religieux est désigné par le mot " Chrétienté" voir : -stopà la chretiente
Ce fut une calamité et une honte, de sorte qu'au siècle des Lumières, Voltaire en arrivait à répéter, en parlant de l'Eglise: " Ecrasons l'infâme!"
Mais n'allons surtout pas croire que cette Chrétienté est morte. Non! elle est toujours vivante et s'étale au grand jour. Regardez la télé ! et l'image que voici:

L'état et le patriarcat orthodoxe en Russie 

Janvier Février 2011- Le Monde des Religions
Les coupoles de l'Eglise à l'ombre du Kremlin 

Suite à la présidence de Vladimir Poutine, de 2000 à 2008, et avec celle de Dmitri Medvedev, entamée en 2008, l’état russe s’appuie de plus en plus sur l’orthodoxie pour promouvoir une moralité et un patriotisme restaurés. Docile, le patriarcat monnaye ainsi la restitution de son patrimoine anté-révolutionnaire et l’extension de son influence sur la société.

De sa puissante main droite, il soulève un verre de vin. Son poing gauche repose sur le pommeau de son sceptre. Sous la tiare blanche surmontée d’une croix dorée, tandis qu’à son cou pend un médaillon représentant la Vierge, tout ciselé de dorures et d’émeraudes, Kirill Ier esquisse un sourire. à la gauche du président russe Dmitri Medvedev, le patriarche de Moscou et de toutes les Russies assiste à l’inauguration des fonctions du nouveau maire de Moscou, Sergueï Sobianine, le 19 octobre 2010. La scène évoque un retour de la Sainte Russie.
" Son utilisation de l'orthodoxie est parfaitement cynique. Les instances de l'Eglise sont consultées pour donner à tout moment leur avis à la télévision" ( Le monde des religions janvier-février 2011)
Malgré les apparences, la nouvelle situation de l’Église orthodoxe n’est pas si imposante, et les dorures du patriarcat ne masquent guère le contrôle incontestable qu’exercent les tours du Kremlin sur toute instance issue de la société civile, fût-elle sainte et orthodoxe. Ce qui apparaît clairement en revanche, c’est une utilisation toujours plus assurée par l’État russe du facteur religieux à des fins politiques, en échange de fructueuses restitutions à l’établissement clérical des biens anté-révolutionnaires.

La continuité de la Russie éternelle
L’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000 s’est accompagnée d’un effort assumé et remarquable pour redonner à la Russie, entraînée dans le tourbillon de la libéralisation et de la destruction de son empire, une identité nationale cohérente. Poursuivant l’idée d’Evgueni Primakov, Premier ministre de Boris Eltsine, Vladimir Poutine a voulu reconstruire le patriotisme, rendre aux Russes leur fierté à l’intérieur du pays et sur la scène mondiale, restaurer la continuité de la Russie éternelle, par-delà les changements de régime. Pour cela, il fallait « assainir le pays », enrayer la criminalité, inviter, pourquoi pas, les Russes au spectacle doré d’une Église belle et riche, frémissante sous le tintement retrouvé des cloches.

 

Georges SIGUIER  1920--2016
 (Pasteur, Église réformée de France)  


 

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