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JESUS NOTRE SEUL AVENIR

Mazamet 2011

 

 Civisme et politique 

vus du point de vue biblique

à la lumière de Jésus 

et de son évangile.



11 accélération de l'histoire

13 Voici l'homme

15-devoir de désobeissance

16 Jesus notre seul avenir

17-BABEL orgueil des hommes

18-92ans evolution

19 Dieu-la religion-l'Eglise

20-vive l'Apocalypse-accueil.

21-accueil-l'imminence de la fin

22-conduite-a-adopter

23accueil-harmaguedon.

24000-accueil-jerusalem.












ISRAEL N'A QU'UN SEUL MESSIE

LE MOT "MESSIE".

( Transcrit de l'hébreu) est synonyme du mot " Christ" ( transcrit du grec).Chacun d'eux a pour équivalent français le mot " oint" qui désigne la personne choisie pour une fonction prophétique, sacerdotale ou royale. Par exemple David reçoit sur sa tête l'huile qui le désigne comme futur roi d'Israël ( 1 Samuel 16). Il était "oint", c'est à dire "messie". Au sens figuré, le Saint Esprit est l'onction divine qui descend sur Jésus sortant de l'eau de son baptême et le consacre à son ministère de roi, de messie, de christ.
Notons bien le contenu politique  de cette mission: " roi" est un titre politique !

Qu'est-ce donc qu'un " antichrist"? C'est un faux messie, un usurpateur qui conduit Israël à la ruine. Par exemple on peu citer Bar Kokba ("fils de l'Etoile") qui , se présentant comme le Messie attendu, conduisit le soulèvement général des Juifs contre les Romains, en 132-135 . Les légions romaines écrasèrent la révolte, transformèrent Jérusalem en cité romaine (" Aelia Capitolina") et interdirent aux Juifs d'y revenir.

AUJOURD'HUI

tout comme dans les années 29 ou 30 du 1° siècle, se pose la question: le Messie est-il Jésus de Nazareth? A cette question les chrétiens répondent "oui, il est le Messie", tandis que les juifs, à l'exception des juifs messianiques, répondent " Non, Jésus n'est pas le Messie".

La meilleure illustration de ce désaccord  fondamental, je l'ai récemment trouvée dans un livre surprenant, écrit par un couple où le mari ( Jonathan) est rabbin et l'épouse ( Catherine) est pasteur de l'Eglise réformée. Catherine croit que Jésus est le Messie tandis que Yonathan ne le croit pas. Voici comment il explique le sens de la messianité dans le judaïsme:

" Les Juifs  orthodoxes attendent le Messie, un personnage vivant, descendant de la tribu de Judas et du roi David. Une fois que le Messie sera dévoilé, alors commencera l'ère messianique, prélude au monde idéal et éternel, et à la résurrection des morts.....
 ( Catherine et Yonathan Lévy: " Pasteure-rabbin: une foi à 2 voix " préface d'André Gouzes édition du Cerf 2010 page 151 et s)
" Les Juifs libéraux, eux , préfèrent l'idée d'une ère messianique... Je crois que le Messie viendra quand nous serons prêts. Et nous le serons quand nous aurons modifié nos comportements, nos façons de penser.....Dieu nous a donné un monde à parfaire: à nous de le rendre plus perfectible."
( Gérard Israël " Jésus est-il Dieu?" éditions Payot 2007 pages 132 -133 )

-Au temps de Jésus  le peuple attendait un Messie libérateur du joug romain. Mais Jésus pensait le contraire
 " Jésus" avait toutes les raisons du monde de se méfier de cette dangereuse impatience populaire. La qualification messianique avait, aux yeux des Romains, une connotation subversive"
 ( Gérard Israël " Jésus est-il Dieu?" éditions Payot 2007 page42 )

JESUS MESSIE? OUI, MAIS QUELLE sorte de Messie?

Un épisode des Evangiles nous fait entrer profondément dans cette question:

" Comme Jésus était en prière, à l'écart, les disciples se trouvaient avec lui. Il les interrogea: " Qui suis-je, au dire des gens?" ils répondirent:" pour les uns, Jean-Baptiste, pour d'autres, Elie; pour d'autres, un prophète d'autrefois qui est ressuscité"
Il leur dit: " Et vous, qui dites-vous que je suis?". Pierre, prenant la parole, répondit: " Le Christ ( Messie) de Dieu".
Mais lui, avec sévérité, leur ordonna de ne le dire à personne, en expliquant ceci: " il faut que le Fils de l'Homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu'il soit mis à mort et que, le troisième jour, il ressuscite".
( Luc 9. 18 à 22 )

Simon Pierre affirme: " Oui! Jésus est le Messie". Il dit vrai. Mais la consigne de silence que Jésus prescrit aussitôt met un frein à cette confusion de foi, un " bémol" à cette vérité. Pourquoi? Parce que Jésus sait très bien que le Messie tel que Pierre le conçoit est un Messie libérateur du joug romain, un roi venu rendre à Israël son indépendance et sa suprématie. Or Jésus ne veut pas être ce Messie-là, pourtant annoncé, semble-t-il, par la prophétie de Daniel sur " le Fils d'Homme". Il veut être le messie prophétisé par Esaie, le Messie rejeté, souffrant, mis à mort! Il le révèle clairement ici  dans le texte de Luc .

DEUX MESSIES?
Non, mais deux conceptions du Messie, juxtaposées dans la tradition d'Israël jusqu'à Jésus, c'est à dire dans " la loi, les prophètes et les Ecrits", nos saintes Ecritures:
La première conception, par exemple, se trouve dans Daniel: " Un fils d'homme vint.... il lui fut donné souveraineté, gloire et royauté: les gens de tous peuples, nations et langues le servaient.... sa royauté est une royauté éternelle qui ne sera jamais détruite... " ( Daniel 7. 14 à 27 )
La seconde conception est exprimée par Esaïe: " Le serviteur... est méprisé par les hommes, brutalisé, retranché de la terre des vivants, par nous mais pour nous... mais muet comme un agneau mené à l'abattoir". ( Esaïe 53 )

LA CLE DE L'ENIGME: JESUS.
Enigmatique, en effet, cette contradiction entre deux conceptions apparemment inconciliables; deux prophéties elles-mêmes énigmatiques! Mais Jésus est la clé de l'énigme non seulement en expliquant en paroles la solution mais aussi en l'accomplissant par son ministère, ses comportements et surtout son sacrifice volontaire; mais enfin aussi par sa glorification par le Père, la conjonction parfaite de deux prophéties jusque-là contradictoires.
En effet, dès son baptême ( signifiant sa descente dans la tombe ) il avait choisi d'être le Messie souffrant et rejeté, et cela jusqu'à la croix. Mais " le troisième jour", c'est Dieu lui-même qui a choisi de lui donner la " royauté éternelle", " la souveraineté mondiale" qui ne passera jamais.
Oui, Jésus de Nazareth est le Messie, le seul Messie d'Israël, pour toujours.
Il est devenu le " Fils de l'Homme" représentant en sa personne tous les Juifs, collectivement, " corporativement", selon Daniel 7.
Mais il n'est devenu ce Fils de l'Homme qu'en acceptant d'abord d'être le serviteur
 obéissant, humble et sans pouvoir, du Dieu sauveur: tel Père, tel Fils, tel Fils, tel Père.

JUIFS ET NON-JUIFS " MESSIANIQUES".
Relativement nombreux sont aujourd'hui les Juifs qui croient que Jésus est leur Messie. Ils vivent soit dans l'Etat d'Israël soit en divers pays du monde. On les appelle " Juifs messianiques".
Infiniment plus nombreux sont, dans le monde entier, les juifs qui croient, eux aussi, que Jésus est le Messie. Ils sont "messianiques".
L'ensemble de ces disciples de Jésus constitue ce que l'apôtre Paul appelle " l'Israël de Dieu" Il est préférable de ne pas désigner cet ensemble par le mot "Eglise"  car, depuis des siècles les chrétiens ont confisqué ce terme à leur profit, eux les non-juifs, et aux dépens des Juifs qui sont ainsi exclus du " peuple de Dieu"! Celui-ci est donc, de ce fait coupé en deux, alors que son unité est faite par Jésus, l'unique Christ, et donnée par le Saint Esprit.
Mais ces disciples de Jésus ne sont fidèles à leur Maître que s'ils suivent son exemple de " serviteurs" méprisés, exclus et persécutés par le monde à cause de leur refus de la violence et de la puissance. A l'image du " Serviteur de l'Eternel" d'Isaïe 53, ils ont choisi de " porter la croix" pour suivre Jésus.
C'est ainsi qu'ont agi les " messianiques" du Crucifié, au premier  et au second siècles, avant que naisse la " Chrétienté" apostase.

DOCUMENT HISTORIQUE.
" Porter sa croix": c'est " suivre" le Serviteur crucifié dans son comportement non-violent et son amour sans limites. Bien des exemples de cette attitude nous sont donnés par nos pères des églises primitives. J'ai trouvé ces documents dans une étude du pasteur Roser, parue dans les " Cahiers de la Réconciliation" ( mars-avril 1956 pages 34 à 44 ). En voici des extraits:

- Cyprien de Carthage, au milieu du 3° siècle, écrivait ceci:
 "  Le globe terrestre est couvert de sang humain. quand, une fois, on commet un homicide, cela est qualifié de crime. Mais on nomme cela bravoure quand c'est l'Etat qui en a donné l'ordre... Il n'est pas permis aux chrétiens de tuer; ils doivent plutôt se faire tuer" ( lettres 1. 6-56 4)

- Justin Martyr, dans son écrit " contre Celte(51.33 )" disait:
 " Nous qui, autrefois, nous tuions les uns les autres, non seulement nous ne faisons plus la guerre contre nos ennemis mais, plutôt que  de mentir ou de tromper ceux qui nous interrogent, nous mourrons joyeusement en confessant le Christ."

- Origène, un autre apologiste qui vivait cent ans plus tard, disait la même chose:
" Nous, chrétiens, nous ne levons plus l'épée contre une nation et nous n'apprenons plus l'art militaire, étant devenus des enfants de paix par Jésus-Christ qui marche à notre tête. " ( Apologie C. 39 )

- Maximilien de Thébeste en 295, fait objection de conscience au proconsul Dion qui ordonne de l'enrôler en le forçant  à porter au cou la marque du soldat ( le " sacramentum", serment à César):
" Je suis chrétien et je n'ai pas le droit de porter une médaille de plomb alors que j'ai reçu l'insigne du salut de mon Seigneur. Il est le Fils du Dieu vivant que tu ne connais pas. Il a souffert pour notre salut... C'est lui que nous servons, nous les chrétiens."

- Martin, futur évêque de Tours, répliquait tout net à l'empereur, en 341:
" César, jusqu'à ce jour j'ai servi pour toi. Souffre que maintenant je serve Dieu. Que ceux qui vont au combat prennent ta solde; pour moi, je suis soldat du Christ, il ne m'est plus permis de tuer."

-Victrice, quelques temps après, un jour de grand conseil, tend ses armes au tribun, devant la légion rassemblée:
" Je veux désormais me mettre au service du Christ. Je quitte ces armes de sang pour revêtir les armes de  paix. Délie-moi du serment qui m'attachait à la milice de césar."
Vais-je commenter des témoignages si bouleversants? Laissez-moi plutôt dire combien j'étais aveugle, en 1940-1943, moi, pourtant chrétien et étudiant en théologie, lorsque je choisissais de prendre les " armes de sang" au lieu de prendre les " armes de paix"!
H. Roser avait tellement raison, dans son article de 1956, de conclure ainsi:
 " Faut-il que, depuis seize siècles, l'hérésie constantinienne ait perverti le christianisme officiel pour que les meilleurs chrétiens disent avoir "fait  leur devoir" lorsqu'ils évoquent leurs états de service!.... Si jadis on portait la croix dans la suite du Christ, on la reçoit aujourd'hui quand César vous l'épingle. Et l'on semble ne pas s'apercevoir qu'on a changé de Maître!... La puissance de Dieu, en Jésus-Christ, c'est son désarmement. Sa victoire, c'est sa non-violence."
A ses disciples envoyés dans le monde, Jésus dit:
 " Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups".
( évangile de Luc 10. 3 )

Suite:-Agneau-vainqueur.

 

Georges SIGUIER  1920--2016
 (Pasteur, Église réformée de France)  


 

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