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JESUS NOTRE SEUL AVENIR

Mazamet 2011

 

 Civisme et politique 

vus du point de vue biblique

à la lumière de Jésus

et de son évangile.



11 accélération de l'histoire

13 Voici l'homme

15-devoir de désobeissance

16 Jesus notre seul avenir

17-BABEL orgueil des hommes

18-92ans evolution

19 Dieu-la religion-l'Eglise

20-vive l'Apocalypse-accueil.

21-accueil-l'imminence de la fin

22-conduite-a-adopter

23accueil-harmaguedon.

24000-accueil-jerusalem.







L'AGNEAU VAINQUEUR

 Cette étrange expression va surprendre le lecteur qui n'est pas habitué au langage biblique. Celui-ci est riche de paraboles, d'allégories et de métaphores consistant à prendre un mot concret ( ici le mot " agneau") pour le faire servir à la désignation d'un homme victorieux ( ici Jésus le Messie juif, sauveur du monde).
Jésus est devenu le Sauveur mondial par sa résurrection et son élévation à la droite de Dieu.   Mais cette victoire a eu pour condition que, d'abord,  Jésus soit mis à mort et immolé "comme un agneau qu'on mêne à la boucherie". Jean le baptiseur, voyant Jésus venir vers lui au bord du Jourdain, disait de lui: " Voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde!". L'ensemble de tous les péchés sous toutes ses formes. ( Jean 1. 29 )
Mon péché personnel est enlevé par Jésus le Messie de Dieu. Par ce Juif-là  mon salut vient des Juifs.
Et le péché collectif du monde est, lui aussi, enlevé par Jésus le Messie juif, de sorte que le salut du monde " vient des Juifs" ( Jean 4.22)
Mais pourquoi le choix de cet animal plutôt que d'un autre? Pour le peuple d'Israël, ce choix provient de l'amalgame de deux réalités historiques: d'abord d'un épisode de l'Exode, la fuite des hébreux hors d'Egypte, et ensuite la prophétie messianique d'Esaïe 53.
- L'agneau immolé avait protégé de la mort toutes les familles du peuple fuyant l'esclavage imposé par le Pharaon: le sang d'un agneau immolé, placé sur la porte de chaque maison, empêchait la mort des enfants hébreux, tandis que cette mort frappait les premiers nés des Egyptiens. Ce fut la Pâque d'Israël, la libération à célébrer chaque année en mangeant "l'agneau pascal" ( Exode 13)
- En second lieu, il faut se référer à la prophétie d'Esaïe 53 qui reprend l'image de l'agneau source de salut par son sacrifice: " Semblable à un agneau qu'on mêne à la boucherie, le Serviteur du Seigneur n'a pas ouvert la bouche" ( verset 7)... " En fait, ce sont nos souffrances qu'il a supportées" (verset 4).... " Le Seigneur a fait retomber sur lui la perversité de nous tous" ( verset 6). " Parce qu'il a porté, lui, les fautes des multitudes" ( verset 12 ) il a été finalement vainqueur de la mort.
L'Agneau, serviteur de l'Eternel, est la source de salut et de Vie éternelle pour tous. Aussi chantons-nous sans cesse, nous chrétiens, la gloire de Jésus par ces mots: " Je crois à ton sacrifice, ô Jésus agneau de Dieu!"
Le professeur Ellul, dans son commentaire de l'Apocalypse écrivait ceci:" de tous les animaux à la mort desquels  j'ai assisté, l'agneau et la brebis sont les seuls à ne pas se débattre quand ils sont frappés. A partir du moment où le couteau a tranché la jugulaire, la brebis se détend et ne cherche pas à fuir ou à ruer. Elle se laisse parfaitement aller. Elle meurt dans une sorte d'acceptation de la mort. On ne peut trouver aucun animal qui signifie une telle acceptation. Il est le seul qui corresponde à Jésus disant:" Moi, je donne moi-même ma vie".
Jacques Ellul: "L'Apocalypse, une architecture en mouvement" page 121 note 6 . Desclée de Brouver)

L'AGNEAU IMMOLE... DEBOUT!
Nous voici donc prêts à comprendre le livre de l'Apocalypse de Jean, livre qui se présente lui-même en ces termes: " Révélation de Jésus-Christ" ( Chapitre 1. 1 ) ( le mot grec " apocalypse" signifie " révélation"; pas " catastrophe"!!)
" Alors, je voyais ceci: au milieu du trône et des quatre animaux, au milieu des anciens,  un agneau se dressait, debout. Il semblait immolé. Il avait sept cornes et sept yeux qui sont les sept esprits de Dieu envoyés sur toute la terre....."
( Apocalypse 5. 6 )
-7 indique symboliquement la plénitude, la totalité, tandis que 6 symbolise l'imperfection ( 666 est le chiffre de la Bête : ch 13. 18.
-7 esprits de Dieu veut dire: le Saint Esprit dans sa plénitude: Jésus l'a, lui. Ainsi que l'omniscience ( 7 yeux) et la toute puissance ( 7 cornes)
-Le trône est l'image du " trône" céleste où siège le Dieu d'Israël, " le Vivant". Mais nul ne peut le voir.

- La " cour" qui l'entoure et l'adore comprend 2 catégories de créatures vivantes:
a-  quatre animaux,
b-  24 hommes  ( les " anciens" représentant l'ensemble du peuple élu.)
Or, quelle surprise inouïe! l'adoration universelle qui converge vers le Dieu " qui siège sur le trône" converge aussi, désormais, vers un homme, un homme juif crucifié " sous Ponce Pilate" descendant de David, immolé sur une croix mais,  par sa glorification, devenu " le lion de Juda", debout et vainqueur de la Mort.
Depuis que cet homme a reçu l'investiture " politique" d'unique souverain ( Apocalypse 5 et 6 ) et des Juifs et des non-Juifs, il est digne, lui seul, d'ouvrir le livre sept fois scellé.  C'est à dire  Jésus seul peut non seulement expliquer le secret et le sens de l'Histoire mais aussi déclencher le mouvement de l'Histoire vers le salut du monde ( (Apocalypse 7 à 22). Il le fait!" 
"J'entendis alors la voix d'anges nombreux autour du Trône, des milliers de milliers. ils proclamaient d'une voix forte: " il est digne, l'Agneau immolé, de recevoir puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et louange!". " Pour les siècles des siècles!"
 ( Apocalypse 5. 11 à 14 )
Jacques Ellul a raison de conclure; " l'homme peut inventer ce qu'il veut et se livrer aux aberrations qu'il veut, il n'échappera plus au salut que Dieu a décidé en Jésus-Christ. Il n'échappera plus à l'amour de Dieu" ( J. Ellul " l'Apocalypse une architecture en mouvement"  pages 122 à 128 )

LE SENS DE L'HISTOIRE.
Une fois de plus il faut donc dire ici que la Révélation de Jésus-Christ ne nous place pas dans les domaines ecclésiastiques, religieux ou mystiques mais bien dans le domaine politique, social, écologique et économique, bref dans le monde réel et historique.
Donc, pas d'évasions hors de ce monde réel, pas de fuites dans l'azur éthéré des utopies... tout en votant pour des tyrans et en les servant!
Jésus a dans sa main les Chefs des nations et les laisse exister pour un peu de temps. Mais ces Chefs d'Etats et ces Grands de la Finance sont ses rivaux: il va les faire disparaître au Souffle de son Avènement. Car derrière ces " Puissances , Pouvoirs, Dominations" se cachent les deux Bêtes de l'Apocalypse 13 (666!)
Toutes les politiques des hommes ont déjà été jugées et condamnées lors de l'exécution de l'Agneau au Golgotha, à Jérusalem. Là a triomphé, une fois pour toutes, la politique du Dieu d'Israël.
Cette victoire définitive n'a pas eu lieu par le déploiement foudroyant d'une Super-Puissance écrasant ses ennemis par les milices célestes. Elle a eu lieu par le sacrifice volontaire de ce jeune juif non-violent, désarmé, sans beauté et sans supporters en accord avec lui, trahi par l'un des siens.
Oui, l'Agneau immolé!
C'est son propre sang qu'il laisse couler pour qu'au pied de la croix se déroule son royal tapis rouge. Pas de Panthéon pour ce "grand homme"! Pas d'Arc de triomphe où, gravés dans la pierre, sont énumérés les crimes de l'Empereur: que de sang a-t-il fait couler, celui-là! Le sang des autres! Mais l'Agneau a donné le sien.

MEDITATION SUR LES RAMEAUX.
J'écris ces lignes à l'entrée de la semaine sainte 2011.
Je remarque  des branches, des rameaux, un peu de buis que des amis revenant de la messe garderont un an chez eux: ces rameaux porteront bonheur et protègeront de la maladie parce qu'ils ont été bénis par le prêtre. Il paraît que dans les campagnes, on fixe un rameau béni à la porte des étables pour que le bétail soit en bonne santé et fécond.... Mon voisin musulman, lui, a fixé à sa porte un fer à cheval et les africains utilisent aussi ces grisgris, ces amulettes ou autres objets magiques qui portent bonheur....
*
Que nous sommes loin de cet épisode de l'entrée de Jésus à Jérusalem que relatent les quatre Evangiles! Monté sur un âne, la monture modeste et pacifique qui  contraste tellement avec le cheval du guerrier, le Prophète galiléen vit ce jour-là sa marche au supplice, sa marche à la mort. Il le sait, il le vit: cinq jours plus tard il mourra sur la croix, entre deux autres croix dressées pour deux " terroristes" ( on désigne ainsi, aujourd'hui, les résistants politiques armés). Lui, l'Agneau, va être mis à mort comme " Roi des Juifs"!
Que signifie donc, pour lui, cette marche royale et cette entrée triomphale  dans la capitale et dans le palais " gouvernemental" de Dieu, son Père?
Le lecteur du récit soupçonne vite qu'il y a, dans ce qui se passe, malentendu et quiproquo: pour qui prend-on Jésus?
- Selon l'évangéliste Matthieu ( 21. 1 à 11 ) on assiste à un  silence tragique de jésus. Silence surprenant d'un héros devant lequel ses admirateurs déroulent le " tapis rouge", ce rouge réservé aux Grands et aux Chefs victorieux: les disciples se moqueraient-ils de lui, comme le gouverneur romain qui aura à coeur, par son écriteau, de tourner en dérision jusqu'au bout ce soi-disant " Roi des Juifs",
Jésus laisse faire mais se tait.
- L'évangéliste Luc, lui, attire notre attention sur la souffrance morale de Jésus. Devant la cité qui le rejette, il pleure amèrement en la voyant, peu de temps avant d'y entrer au milieu des acclamations. Or ce sont les siens qui crient " Bravo! Vive le Roi!". ses apôtres, d'ailleurs, ont un coutelas caché sous la tunique, et ils s'en serviront le Jeudi soir, à Gethsémani.
- Jean l'évangéliste, racontant cet épisode, est là pour nous expliquer le sens profond, le "double sens": d'une part Jésus ne fuit plus la pression de la foule, comme il l'avait fait  après la multiplication des pains ( Jean 6. 15 ) Cette fois il ne fait même pas taire ses partisans qui crient " Vive le Roi d'Israël!" en agitant des branches de palmiers. Il sait que son Heure est arrivée et que c'est le moment où, avant d'être glorifié par son Père, le " Fils de l'Homme" doit être enseveli, comme l'est le grain de blé "( Jean 12. 24 ) Ainsi il n'est pas question pour lui, de régner à la façon des rois de ce monde. Le tapis rouge ne convient pas à sa royauté!
Or pour tous ces gens qui l'escortent, y compris ses apôtres, le tapis rouge est de rigeur et c'est à la façon des rois de ce monde que, pensent-ils tous, leur Maître doit règner sur Israël. Et ils sont convaincus qu'est arrivée l'heure de ce triomphe.. sans la croix!
Le malentendu est total.
Le quiproquo ne cessera qu'après " l'élévation " royale sur le gibet du Calvaire:
" Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi". ( Jean 12. 32)
" Les suppôts terrestres de Satan tentent de faire échouer le dessein de salut par la double voie de la persécution temporelle et de la séduction religieuse... Cette entreprise se poursuivra sans répit durant tout le cours de l'Histoire, plaçant les hommes au coeur d'une lutte dans laquelle nul moyen humain ne saurait triompher. Mais où les hommes auront échoué, l'Agneau vaincra ( Apocalypse 17. 14) et ses témoins participeront à sa Victoire (3. 21) car
L'Agneau est debout!
( Vocabulaire de Théologie Biblique page 67 à 71 )


                                   
La pourpre des Pouvoirs de ce monde convient-elle sur la croix de Jésus? Ce long tapis rouge est-il à sa place sur le gibet de celui qui a refusé tout Pouvoir?

 

Georges SIGUIER  1920--2016
 (Pasteur, Église réformée de France)  


 

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