JESUS NOTRE SEUL AVENIR

Mazamet 2011

 

 Civisme et politique 

vus du point de vue biblique

à la lumière de Jésus 

et de son évangile.




11 accélération de l'histoire

13 Voici l'homme

15-devoir de désobeissance

16 Jesus notre seul avenir

17-BABEL orgueil des hommes

18-92ans evolution

19 Dieu-la religion-l'Eglise

20-vive l'Apocalypse-accueil.

21-accueil-l'imminence de la fin

22-conduite-a-adopter

23accueil-harmaguedon.

24000-accueil-jerusalem.





L'EVANGILE TRAHI

Lorsqu'on croit à l'Evangile de la croix et qu'on mesure la portée révolutionnaire et subversive,  on a aussitôt envie de l'assagir et de l'édulcorer, d'arrondir ses angles et de l'adoucir. Pour le faire, on trouve facilement de bonnes raisons: ne faut-il pas le rendre plus présentable pour tous ceux qui ne sont pas chrétiens? Ce message qui est une " folie aux yeux des hommes" ne gagnerait-il pas à devenir plus acceptable, plus raisonnable et plus rationnel afin de faciliter les conversions? Et, pour ne pas exposer l'Eglise aux persécutions ne faudrait-il pas rendre Jésus moins subversif?
C'est probablement ce qu'a pensé Simon-Pierre lorsque par trois fois, dans la cour du Grand Prêtre, il a renié son Maître qui venait d'être arrêté....
C'est probablement ce que Judas avait dans la tête quand il jugeait pure folie cette volonté de ne pas se défendre, poussée jusqu'à l'absurde par un Messie incompréhensible. Ce scandale l'a conduit à livrer son Maître !  Trahison.....
Dès sa transformation en religion d'Etat, au 4° siècle, l'Eglise de Jésus a dérivé elle-même  vers cette trahison-là. Lentement mais sûrement, nos pères dans la foi ont glissé peu à peu vers un grand reniement collectif, passant insensiblement de petits accommodements avec le péché du monde jusqu'à ce grand péché qu'il faut appeler " haute trahison".
Nous sommes très fort pour dépister et dénoncer les péchés individuels ( le confessionnal, jadis, nous y aidait  en fournissant une liste avec des degrés de gravité). Mais nous sommes bien moins forts pour voir le péché collectif de l'Eglise!  Quel tapage pour condamner durement les mamans qui ont recours à un avortement mais quel aveuglement quand il faudrait excommunier tous les chrétiens qui pratiquent le meurtre et l'assassinat à chaque fois qu'ils font la guerre!
Et n'allez pas me dire que c'est du passé, ce genre de trahison de l'Evangile de Paix....
*
Pour en mieux prendre conscience, il est nécessaire de distinguer les deux domaines où la pensée et la conduite des chrétiens ont été et continuent d'être dévoyées: le domaine " interne" du peuple de Dieu, avec la division "dénominationnelle; le domaine "externe" , avec la compromission politique.
Permettez-moi de commencer par le deuxième.

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Voici une étrange prière d'une femme palestinienne, ministre de l'éducation, interviewée par un journaliste israélien. Celui-ci lui demande: " Devant cette division de Jérusalem, ce problème quasi-insoluble et ce risque redoutable d'une guerre peut-être mondiale, quelle prière adresseriez-vous à Dieu?" Réponse: " Je lui demanderais humblement de ne pas trop se mêler de cette affaire, de s'en tenir à l'écart et de ne pas prendre parti."( Entendu à la télé  ( Arte 29-08-1996), entretien entre une palestinienne et un juif, agnostique, intellectuel de gauche.)

Ils ont  de bonnes raisons de penser ainsi, ces deux interlocuteurs! Ils voient les deux religions, le judaïsme et l'islam, légitimer et activer leur guerre réciproque qui dure depuis plus de soixante ans. Ils voient aussi les chrétiens du Proche-Orient prendre part, eux aussi, à la violence meurtrière, comme au Liban avec leurs " milices chrétiennes". Ils voient les religieux, disciples du Christ, se disputer la possession des " lieux saints" et les Eglises continuer à se diviser et à se faire concurrence. Comment donc, dans ces conditions, éviteraient-ils de souhaiter que la " religion" cesse, une fois pour toutes, de se mêler de ce problème politique puisque, pour eux: Dieu, c'est la "religion"! ( Or pour la Bible, Dieu, Adonaï, YHWH, ce n'est pas la Religion !)

Voilà à quoi  on en arrive quand on trahit l'Evangile en ne se conformant pas à la non-violence de Jésus, à son amour pour ses ennemis et à son refus du Pouvoir politico-militaire. On est un scandale pour les hommes de bonne volonté et on les pousse à croire que Jésus doit être mis hors-jeu des tragiques conflits qui provoquent la souffrance de millions d'hommes. En même temps on les conforte dans leur foi en l'homme, en son intelligence et en sa sagesse.

Ah! que nos frères et nos soeurs en Christ qui vivent au Proche Orient reviennent à la politique du Dieu  d'Abraham dont Jésus est, aujourd'hui, la révélation parfaite! Qu'ils retournent, en pleurant de honte, à la seule politique qui vaille, celle du Messie pleurant sur Jérusalem! Qu'ils ajustent leur comportements à celui du " Prince de la Paix" et au " Sionisme" qui est le sien, celui de l'amour sans limites! C'est seulement ainsi qu'ils seront ensemble la " société alternative" à la société humaine de ce monde moribond, la communauté prophétique de la " Jérusalem nouvelle", du Royaume de Dieu qui vient.
Telle était, au 1° siècle, l'Eglise des martyrs, celle qui ne voulait pas être l'Eglise impériale, l'Eglise triomphante. Elle ne trahissait pas l'Evangile!
*
Mais qu'en est-il dans le domaine qu'on peut nommer le  domaine " interne" du peuple de Dieu, c'est à dire, si vous voulez, l'intérieur de l'Eglise? Là aussi y a-t-il nécessité  d'une repentance voulue par notre Seigneur à tous, le Messie-Roi ressuscité? Assurément oui.

Nous trahissons l'Evangile, nous chrétiens, lorsque nous renonçons à l'unité ecclésiale, je veux dire à la pratique de l'unité. Car cette unité existe et nous n'avons pas à la créer. Elle est née du sang qui a coulé au Calvaire et elle a pris son essor, par le Saint esprit envoyé par  le ressuscité, lors de la Pentecôte juive, à Jérusalem ( Actes 2 )
Dès lors, le Christ et le " Corps du Christ" sont indissociables et inséparables. A la fois au plan mondial et au plan de chaque localité, la Tête ne va pas sans le Corps et le Corps est mort  sans la Tête. On dit de la République qu'elle est " une et indivisible": à combien plus forte raison doit-on le dire de l'Eglise! C'est ce que fait tout le Nouveau Testament en répétant, grâce à plusieurs images: " Il y a un seul Corps" ( visible) et " un seul Esprit" ( invisible); il y a un seul Troupeau et un seul Berger; il y a un seul Cep de vigne; il y a une seule Epouse; il y a un seul " Israël de  Dieu" ( unissant visiblement Juifs et non-juifs messianiques); il y a une seule " Assemblée générale" de ce peuple de Dieu; il y a " une seule Humanité nouvelle". Et , entre le rassemblement unique dans ma localité ( Mazamet) et le rassemblement universel convoqué par les anges lors de la Parousie du Chef, il n'y a pas de place pour des institutions intermédiaires inventées par des organismes ecclésiastiques ou civils ( diocèses, consistoires, unions nationales, fédérations et c..). Tout cela s'établit comme des usurpations nuisibles à l'église " locale" qui est normalement " une" et qui appelle chaque chrétien à pratiquer et à garder cette unité donnée par Dieu.
Or c'est un fait que nous et nos pères sommes coupables de pratiquer l'inverse de cette " ecclésiologie"  normale et , par conséquent, normative. Et n'y a-t-il pas trahison à justifier ce fait théologiquement soit en le disant de droit divin soit en louant Dieu pour cette " richesse" et cette diversité soit en prétendant que " plus il y a de lampes variées plus une ville est bien éclairée, la nuit!"

Soyons précis: lorsque, dans une agglomération urbaine, nous voyons cohabiter et rivaliser nos Eglises-dénominations ( catholiques, orthodoxes, protestantes, évangéliques, libres, salutistes, et c..) ne commettons-nous pas un péché collectif, avec récidive permanente?
En réalité nous démembrons le Corps du Christ et nous séparons ce que Dieu a uni. Nous obligeons les membres du Christ à choisir l'une ou l'autre de ces "Eglises",  l'une à l'exclusion des autres ou l'une contre l'autre! Ce faisant, nous vidons le mot " Eglise" de son sens biblique en l'appliquant  à une dénomination particulière, à une institution séparatrice. Et c'est ainsi que, devenus membres d'une association cultuelle par la grâce du législateur de la loi de 1905, les enfants de Dieu en sont réduits à célébrer de dérisoires commémorations pour donner de la " visibilité" à un triste protestantisme, par exemple.
A L'ORIGINE DE LA DOUBLE DERIVE.
Qu'est-il donc arrivé, dès les tous premiers siècles, pour que l'Eglise de Jésus ait lentement dérivé, déboussolée, jusqu'à cette double trahison: le consentement ) la violence guerrière dans le domaine politique de la cité des hommes et le consentement, dans le domaine ecclésial, à cette désunion qui est une sorte de guerre fratricide, guerre tantôt chaude tantôt froide?
Voici semble-t-il, ce qui s'est produit, dès le 3° siècle:
Depuis longtemps, le soi-disant " retard" de la Parousie (Retour du Seigneur en gloire) avait troublé et mis à l'épreuve les chrétiens: " pourquoi Rome, cette " Babylone" condamnée par Dieu, ne s'est-elle pas déjà effondrée pour laisser la place à la Jérusalem du Messie Jésus descendant d'en Haut? Pourquoi  les " antichrists" ces Pouvoirs politiques rivaux du Christ ( César et ses vassaux) étaient-ils toujours là, alors que le souffle de la parousie, normalement, aurait dû les éliminer déjà, mettant fin au siècle présent ( 2 Thessaloniciens 2. 3-9)? Pourquoi la Parousie des " Fils de Dieu", accompagnant celle du " Fils de Dieu", n'a -t-elle pas encore eu lieu ( selon la promesse de Colossien 3. 4 )?
A ces " pourquoi?" il était devenu de plus en plus tentant d'en ajouter d'autres: pourquoi, du moment que César met un terme aux persécutions, ne pas le considérer désormais comme un instrument de Dieu pour le bien, au lieu de voir en lui un ennemi de Dieu? Dans ces conditions, ne pourrait-on  pas modifier l'interprétation traditionnelle de l'Evangile et se mettre à prier non plus comme les pères disant " que Ton Règne vienne et que ce monde passe!" mais plutôt en disant " oui, que Ton Règne vienne mais que cette Fin du monde soit remise à plus tard!" ? Et pourquoi ne pas aider l'Etat mondialisé à utiliser son Pouvoir pour éviter cette Fin et pour assurer la tranquillité et la stabilité au bénéfice de tous?"
Telle a été, certainement, la tentation redoutable qui a assailli l'Eglise au long de la période qui a suivi la mort des apôtres fondateurs. Or, n'était-ce pas  la même  tentation diabolique que Jésus avait affrontée au début de son ministère? ( Luc 4. 5 à 8 ) Oui, ce fut la même. Mais le Maître a repoussé le Tentateur tandis que ses disciples  des siècles suivants ne l'ont pas repoussé. Le moment   arriva donc vite où, convoqués par le César romain pour les Conciles de Nicée et de Constantinople, les évêques se sont trouvés dans l'obligation de signer le Credo. Par force! N'était-ce pas César qui avait convoqué tout le monde? N'était-ce pas lui, "tel un Dieu" disait-on, qui présidait les débats théologiques?  Seuls, quelques rares récalcitrants courageux refusèrent de signer: séance tenante, ils furent expédiés en exil! L'Eglise! L'Eglise, pour des siècles, s'installait dans la trahison de" l'Agneau"  immolé.
De cette dérive historique nous avons un témoin. C'est Tertullien, l'apologiste chrétien né à Carthage au milieu du 3° siècle. Il identifie le Pouvoir qui retarde la Fin avec l'Empire romain qui, ainsi, aurait une fonction historique positive. C'est pour cette raison que Tertullien disait: " Nous prions pour la stabilité du monde, pour la paix des choses et pour le retard de la Fin." ( Citation: Georges Agamben " Le temps qui reste" editions Payot 2000 pages 184 et 185 )
Depuis le 3° siècle, toute la Chrétienté occidentale, ( et d'autres "chrétientés" ailleurs dans le monde) a agi comme Tertullien:" Retardons la fin de ce monde par tous les moyens et à tout prix..."
Mais pour ma part, avec tous les chrétiens du 1° siècle, je prie: " Viens vite, Seigneur Jésus! et que ce monde passe!"( Apocalypse 22. 20 et 21 )



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 ) 

Georges SIGUIER  1920--2016
 (Pasteur, Église réformée de France)  


 

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