:

Peter Brueghuel le vieux
Tour de Babel

 

BABEL

BABEL et L'ORGUEIL DES HOMMES.

Mazamet 2011

 

 Civisme et politique 

vus du point de vue biblique

à la lumière de Jésus 

et de son évangile.



11 accélération de l'histoire

13 Voici l'homme

15-devoir de désobeissance

16 Jesus notre seul avenir

17-BABEL orgueil des hommes

18-92ans evolution

19 Dieu-la religion-l'Eglise

20-vive l'Apocalypse-accueil.

21-accueil-l'imminence de la fin

22-conduite-a-adopter

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LA  BABEL PRIMORDIALE
"Primordiale", c'est à dire la plus ancienne, la première, et celle qui sert de modèle: telle est la Babel originelle, prototype de toutes les " Babel" de l'Histoire universelle.
Le récit biblique est comme la "préface" de cette Histoire et le terme de ce que nous pourrions appeler la " préhistoire". Celle-ci nous montre, en une dizaine de chapitres en style mythique, combien est  bon le créateur de ce monde, combien est  beau et bon  le monde issu du chaos, combien sont beaux et bons les êtres humains faits" à l'image de Dieu" et pour le bonheur. ( Genèse 1 et 2 ).
Non seulement le Seigneur Dieu est bon mais aussi il est miséricordieux, désireux de pardonner et employant avec amour et patience les châtiments nécessaires. Il lui en a fallu de la patience!
Car, dès le début, ces hommes et ces femmes créés libres et responsables se sont servis de leur liberté contre leur Dieu et contre leur prochain. Le premier couple a choisi la désobéissance et la prétention à l'autonomie: mais Dieu les laisse vivre. Caïn tue son frère mais Dieu ne tue pas le meurtrier. Bien mieux, il met sur son front une marque pour le protéger!
Alors, tandis que le nombre des humains se multiplie, leur relation avec Dieu est exactement la même qu'aux origines..... et la même qu'aujourd'hui, sur cette terre qui compte sept milliards d'habitants.

Cette relation avec Dieu se caractérise par deux attitudes constantes: d'une part l'orgueilleux refus  de faire la volonté de Dieu et, d'autre part, la volonté de dominer le prochain.
En d'autres termes: d'une part l'idolâtrie et le désir d'être soi-même Dieu, d'autre part le totalitarisme et la volonté de dominer autrui par la force, y compris par la violence qui tue.
Dès lors, le paradis est derrière nous, et hors de notre portée le bonheur du jardin d'Eden. Ce qui est à notre portée c'est de remplacer le Paradis perdu par la Ville, la Cité que nous voulons radieuse, capable de nous éviter les conséquences de l'expulsion hors de l'Eden!
Mais il nous est dit que le créateur de la première ville a été Caïn, l'assassin! "Caïn", et la collectivité humaine née de lui et "d'Adam et d'Eve", ne peuvent pas ne pas transporter dans toute  ville l'orgueilleuse prétention humaine invétérée! l'idolâtrie contre Dieu et, en bas, le nivellement concentrationnaire.
Nimrod,, roi de Babel.
D'après le chapitre 10 de la Genèse, " Nimrod fut le premier héros sur la terre, lui qui fut "un chasseur héroïque devant le Seigneur". Les capitales de son royaume furent Babel, Erek, Akkad, toutes dans le pays de Shinear. Il sortit de ce pays pour Assour et bâtit Ninive, la ville aux larges places" ( Genèse 10. 8 à 12)
Le professeur Vischer dit de lui: " Nimrod représente sans aucun doute les grands rois de Babylone et d'Assyrie dont la chasse était la grande passion. Ces héros combattaient les lions et les aurochs. Ils obligeaient les peuples à s'unir et supprimaient les frontières. Ils érigeaient par la violence de grands Empires.... Celui qui travaillait à la destruction des bêtes sauvages était le plus grand bienfaiteur de l'humanité: on lui devait le repas et la sécurité. Il devenait Chef et Juge, Roi au prestige divin" (Wilhem Vischer " La loi et les cinq livres de Moïse" ( éditions Delachaux et Niestlé. 1949) page 148)
En Nimrod nous voyons le type même de tous les grands fondateurs d'Empires qui, sur tous les continents, se sont succédés au cours de l'Histoire:: celui d'Assyrie, celui de Chaldée, celui des Perses, celui d'Alexandre le Grand, l'Empire Romain, celui de Byzance, l'Empire du Milieu, le Saint Empire Romain Germanique, puis Napoléon, Hitler, nos Empires coloniaux, et c...
Avec, toujours un héros conquérant, une métropole, des tours monumentales, les techniques et les arts associés et coopérant pour immortaliser la grandeur des Rois et de leurs Dieux. Comme pour nier la souveraineté exclusive du Père Créateur et son jugement contre cette dérisoire "gloire" humaine.
Ah! cette gloire ! Michel Serres, le philosophe, écrit à son sujet: " ... d'elle viennent les guerres de tous contre tous, et la mort des hommes en nombre. Pourquoi? Parce que nous voulons tous gagner, passer le premier, devenir aussi vite que possible, car la vie est courte, le plus fort, le plus riche, le plus beau, le plus elevé, le plus acclamé .... et même un surhomme!"
Tous? Oui, dit le philosophe. Nous sommes tous Nimrod, et celui-ci n'existe que grâce à notre amour de la gloire.
( Michel Serres " Musique" - éditions " Le pommier" 2011 page 134 )

 Assyrian Horse Archer

La ziggourat.
La tour de Babel était une " ziggourat", c'est à dire une très haute tour à degrés, au sommet de laquelle se trouvait un temple ou un lieu sacré pour la divinité.
En Mésopotamie, les fouilles archéologiques ont permis de trouver de telles tours dans une vingtaines de sites sumériens.
( Les sumériens sont un peuple qui s'établit dans la basse vallée de l'Euphrate au 4° millénaire avant J.C. et y créa une brillante civilisation.) En Amérique du sud, des tours pyramidales analogues s'élevaient au centre des métropoles impériales des indiens.
On  peut donc se poser la question: les bâtisseurs de la Tour de Babel agissaient-ils pour Dieu ou contre Dieu? Leur démarche spirituelle était-elle de la piété agréable à Dieu ou de l'impiété provoquant son jugement? Pour l'archéologue se plaçant au niveau des sciences humaines, la réponse sera: ces hommes agissaient pour Dieu puisqu'ils lui donnaient un temple pour couronner leur édifice!( cf. André Parrot, leçon d'ouverture 1941 à la faculté de théologie protestante de Paris , bulletin N° 24 )
 Mais  le récit de la Genèse affirme le contraire, et même se moque carrément  de ces gens religieux en faisant un jeu de mots qu'il nous explique clairement: dans la langue des hommes de Babel, le mot "Bab-ilani" signifie "Porte des dieux". Or, dans la langue des Hébreux, il y a un mot  qui, lorsqu'on le prononce, ressemble beaucoup au mot des habitants de Babel: c'est "Balal", qui veut dire : mettre la confusion, du cafouillage, de la pagaille, du chaos. Dieu embrouille le langage des bâtisseurs pour mettre un terme à l'entreprise prométhéenne des humains. Il condamne cette volonté de s'élever "jusqu'au ciel", de se faire un "nom" en divinisant l'Homme et , en bas, de mouler dans le même moule politico-religieux une collectivité d'esclaves semblables aux briques qu'ils doivent transporter.
W. Vischer, qui avait souffert du nazisme, écrivait: "Avec la tentative suméro-babylonienne est jugé aussi toute tentative de l'ancienne ou de la nouvelle Allemagne d'édifier de bas en haut une tour " dont le sommet va jusqu'au ciel".
Mais, bien au delà du cas d'Hitler et du III° Reich, il concluait: "Pour les auteurs et prophètes bibliques, la Tour de Babel est plus qu'un évènement ancien: elle est, pour eux, la parole de l''histoire du monde.... Avec  une technique perfectionnée et avec des moyens nouveaux qui paraissent garantir le succés, notre époque contemporaine a de nouveau repris l'antique tentative. Les conditions et les moyens nécessaires pour une unité de l'humanité  et pour la maitrise par l'homme de sa propre destinée n'ont jamais été aussi visibles qu'aujourd'hui. Mais tout se sépare, tout s'oppose! Notre génération est incapable de résoudre les plus simples questions de la vie économique" ( W. Vischer pages 152  et 153 ) Cafouillage partout, chaos généralisé, injustice et violence tendant au paroxysme.
Mais Dieu, lui, le seul vrai Dieu vivant, seul Maître de l'Histoire, nous promet " la cité dont il est lui-même le constructeur"
( Hébreux 11. 10 ) Par conséquent, en même temps, il nous annonce la fin de Babel, je veux dire la fin de ce monde et la disparition définitive des Pouvoirs diaboliques.
Heureusement il dit vrai.
Babel: un prototype.
Qu'est-ce qu'un "prototype"?
Le dictionnaire répond: "un modèle originel,  premier exemplaire d'un modèle, construit avant la fabrication en série, par exemple le prototype d'un avion."
La Babel primordiale de Mésopotamie a été et reste le prototype de la longue série de Babels qui se sont succédées dans l'Histoire.
Certes il n'y a pas eu reproduction à l'identique comme le fait une photocopieuse multipliant les mêmes exemplaires: l'Empire Soviétique était bien différant  de l'Empire Japonais et l'Empire Colonial français n'était pas la photocopie de celui de Charles-Quint: New-York ne ressemble guère à la Rome antique! D'autant moins qu'au long des millénaires la marche de la société humaine l'a conduite d'un monde trés petit  et peu peuplé à notre monde  effectivement "mondialisé" et en peuplement accéléré.
Néanmoins, d'âge en âge, c'est le  même modèle qui a inspiré les réalisateurs de la Cité des hommes. Celle-ci, sous ses diverses formes, nous présente toujours les mêmes constantes et le même système de civilisation. Les filles de la Babel d'origine ont les mêmes gènes que leur Mère, avec des aptitudes extraordinaires d'un coté et de terribles tares de l'autre. Toute la progéniture nous offre les mêmes caractéristiques.
    A chaque étape de la "Babélisation" nous retrouvons le Chef ( plus ou moins divinisé), l'Argent ( le dieu Mammon). La Culture et les Techniques, l'Art et les Moyens de Communication, les hiérarchies politiques et religieuses, l'idéologie dominante, la Ville et s
a Tour  ( ou ses tours) montant à l'assaut du " ciel" ( au sens propre et au sens figuré)... et puis la guerre, la mort ( la Shoah!!!)

Paul Valéry disait, il y a un siècle: "Nous avons appris, maintenant, que les civilisations, elles aussi, sont mortelles" Pourquoi? Parce que, dit  la Bible, non seulement l'individu humain est pécheur, et voué à la mort, mais c'est aussi le genre humain dans sa globalité qui est pécheur et voué à la mort. Depuis Hiroshima et Nagazaki, en 1945, l'homo sapiens est en mesure d'anéantir lui-même, aujourd'hui, la totalité de son espèce!
Le modèle "babelien" n'a donc plus d'avenir et va disparaître. Il est d'ailleurs jugé depuis longtemps, et il s'est même  jugé et condamné lui-même lorsqu'à Jérusalem, au Golgotha, il a crucifié et tué le fondateur et le  réalisateur de la cité de Dieu et de l'Homme Nouveau.
La poutre horizontale de ce gibet symbolise le niveau social et politique de l'existence: les relations entre les hommes. Celles-ci, depuis le Déluge, sont toujours des rapports de forces. C'est la  loi du plus fort qui régit la société humaine. D'où un état de guerre permanent, partout. C'est le contraire de l'Amour, qui fera règner la paix, le "Chalom" de Dieu, pour toujours.
La poutre verticale figure la relation avec Dieu. Entre lui et nous, depuis l'origine, la relation  est conflictuelle: il y a guerre permanente. Mais nous faisons comme si ce n'était pas vrai! Alors nous inventons la "religion", nous adorons "nos" dieux, ou nous proclamons que "Dieu est mort".
Mais ce crucifié est ressuscité!
Et il tend les bras aux assassins qui sont là, pour qu'ils soient pardonnés et sauvés.....

suite:  La progéniture de Babel.

 


Georges SIGUIER  1920--2016
 (Pasteur, Église réformée de France)  


 

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