CIVISME ET POLITIQUE

La politique du Messie

"Il allait de lieu en lieu, faisant du bien à tous."

 Civisme et politique 

vus du point de vue biblique

 à la lumière de Jésus 

et de son évangile.


La politique du Messie

3130 l'antéchrist.

3140 le Messie:qui est-Il? quel genre?

3150 Carriere politique de Jésus.

3160 Il règne,il faut qu'il règne.

 3200: le Messie méconnaissable.

3210 Titres glorieux du messie.

3220 Designationns d'humiliation et de mort.

3230 la victoire cachée de la croix.

3240 INRI.agneau de Dieu.

3250 De l'incognito à la vue.

3260 D'ici là, Il reste méconnu.

3270 Même défiguré par son église.

3275 Christ inclassable.

3280 Message politique.

3290Christ prescrit aux chrétiens de pratiquer sa morale.

3300 C'est la lutte finale.

3310 Le combat des derniers tezmps.

3320 Extermination des ennemis.

3330Parodie trinitaire.

3340 Messie reconnue: Parousie.

3350 Tout va aller trés vite.

3360 Notre parousie arrive.

3400 Conclusions.
 
Ou bien César ou bien Jésus.

 

 C'est à dessein que je viens d'affirmer l'antagonisme radical entre le " dieu des juifs" et le " dieu" impérial romain. C'est en effet, la même guerre qui oppose le Messie de Dieu, le Messie juif, à César. Donc, s'il en est toujours ainsi depuis l'élévation de Jésus " à la droite de Dieu",ne faut-il pas en déduire que la morale civique et politique des chrétiens ne saurait être un mélange ou une collaboration amicale entre la morale de Jésus et la morale " citoyenne" imposée par les Dominateurs politico-militaires? En réalité ce sont deux " seigneurs" opposés qui s'affrontent et ce sont deux services exclusifs qui revendiquent nos vies personnelles, nos corps et nos coeurs?

- Dans un camp: l'Homme qui se fait dieu ( 6,6,6)$ , chiffre de l'insuffisance totale de l'être mortel, triplement dérisoire dans sa prétention à la plénitude de l'immortalité divine ( celle du Dieu trois fois saint, parfait et éternel ) .C'est le chef qui crucifie.

- Dans l'autre camp c'est le serviteur crucifié, le " Fils" obéissant qui s'est fait homme, par amour. Jésus donne son propre sang et ne fait jamais couler le sang des autres.

Le disciple de Jésus ne peut pas appartenir à ces deux camps à la fois.

*

Mais j'entends bien l'objection: " ce qui est dit du César de la Rome impériale ( notamment de son idolâtrie et de sa volonté blasphématoire d'être un "dieu" encensé dans le monde entier), ce qui est dit de César dans l'Apocalypse par exemple, ne doit pas être actualisé ni confondu avec nos gouvernements et nos États actuels! Nos démocraties occidentales en particulier, ne sont pas en guerre contre le Messie de Dieu et leur politique n'est pas, en soi, une politique d"anti-Christ! Il faut donc que l'Église serve l'État et que le civisme chrétien soit une obéissance ( certes critique! ) aux ordres du gouvernement, y compris l'ordre de coopérer à la Défense nationale, armée, des intérêts collectifs. La révolte du chrétien, ( armée ! ) ne deviendra légitime que si le pouvoir de César est " voyou", totalitaire, dictatorial, fasciste, ou dans " l'axe du mal"!!

*

J'ai essayé d'exprimer clairement cette objection capitale car elle est celle de toute la théologie courante et traditionnelle. Elle s'oppose à l'affirmation que le Messie crucifié et glorifié ne fait aucune alliance avec les Pouvoirs de ce monde: avec aucun État ou Gouvernement du " siècle présent".

Cette compréhension de la politique du Christ ( à pratiquer dans le civisme chrétien) est traditionnelle dans la théologie des catholicismes ( d'occident et d'orient ), traditionnelle dans presque toutes les Églises issues du mouvement de la Réforme du 16° siècle, notamment dans les courants évangéliques, pentecôtistes et charismatiques dans le monde entier. Est-elle exacte pour autant ? Une première clarification s'impose pour contester la véracité de la position courante des chrétiens. C'est au sujet des réalités dont il est ici question.

D'abord, de quoi s'agit-il lorsqu'on parle de " César" ( soit du Pouvoir impérial romain soit du Pouvoir de n'importe quel empereur ) ou bien de l'État ( dans le sens usuel moderne ) ou bien de tout Gouvernement au plus haut niveau ( pouvoir législatif, exécutif et judiciaire) ? Il s'agit de la Puissance souveraine qui domine et règne, par la force s'il le faut, sur une population humaine, afin d'assurer la défense, la prospérité et la puissance de cette collectivité. La " raison d'État" ( avec ses mensonges et ses crimes ) est toujours là pour servir la politique de ce Pouvoir ( démocratique, dictatorial ou autre....) Qu'un tel Pouvoir soit " nécessaire" selon la logique de ce monde, oui, assurément. Et Dieu le tolère ! Mais que le Messie et les siens exercent ce Pouvoir-là, voilà ce qui est impossible ! Par définition ! !

En effet, c'est le second point à clarifier, de quoi s'agit-il lorsqu'on parle du Christ Jésus, de sa " royauté", de son " règne", de son " royaume, de sa " politique" et de " l'ordre nouveau" qu'il a fait advenir sur la terre lors de son " ascension" ? Quand on dit de Jésus qu'il est le " Seigneur", on parle de la souveraineté suprême: " Tout Pouvoir m'a été donné, dans le ciel et sur la terre" ( Matthieu 28. 18 ). Si le Messie est le " Roi des rois" et le " Seigneur des seigneurs" cela ne veut pas dire qu'il trône au sommet d'une hiérarchie de Dominateurs dont il serait l'exemplaire parfait ( mais du même genre ). Non ! Son " Pouvoir", divin et saint, élimine et réduit à néant tous les Grands Chefs et toutes les Éminences.

Aussi le " Royaume messianique" n'est pas du même ordre que les États ou les Césars. Il est tout autre, il est l'inverse, il est d'une autre nature, il est un " monde nouveau", le monde de l'Amour, de la Résurrection et de la Vie... de Dieu. C'est pourquoi aussi la population de ce Royaume du Christ est uniquement composée de " créatures nouvelles" qui sont transformées selon le modèle ( le " prototype") du Christ lui-même.

Ainsi la politique messianique de Jésus n'entre pas dans la catégorie des politiques humaines: elle les juge et elle se substitue à elles. Insistons: cette politique, en effet, est celle de la croix: au lieu de la " raison d'État" c'est la non-violence de l'Amour parfait; au lieu de l'égoïsme collectif, des " intérêts supérieurs de la nation, de la primauté de " Mammon" *, de l'obligation d'une Défense nationale, c'est la volonté du Père qui règne, par l'Amour; à la place d'un civisme patriotique qui exige la disponibilité morale pour tuer des ennemis, c'est l'amour des ennemis ( publics et privés ) qui fait loi et sert de base à ce Règne.

Il est donc inévitable de proclamer: ou bien César ou bien Jésus.  

  *Apocalypse de Jean, chapitre 18. verset 18: 7 étant le chiffre de la plénitude, de la perfection, on pourrait opposer au 6,6,6, le 7,7,7,: chiffre de Dieu.

* Mammon= la Richesse divinisée. Jésus dit:

" vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et Mammon" .

 ( Matthieu 6. 24 )

Suite

Georges SIGUIER  1920--2016
 (Pasteur, Église réformée de France)  


 

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