CIVISME ET POLITIQUE

QUEL CIVISME PRATIQUER?

PRATIQUER L'IMPOSSIBLE.

 

 

Civisme et politique 

vus du point de vue biblique

 à la lumière de Jésus 

et de son évangile



11 accélération de l'histoire

13 Voici l'homme

15-devoir de désobeissance

16 Jesus notre seul avenir

17-BABEL orgueil des hommes

18-92ans evolution

19 Dieu-la religion-l'Eglise

20-vive l'Apocalypse-accueil.

21-accueil-l'imminence de la fin

22-conduite-a-adopter

23accueil-harmaguedon.

24000-accueil-jerusalem.


Pratiquer l'impossible

8110 Préliminaires. 

8200 : Un chemin impossible.

8300: doit on changer de civisme?

8310: les lignes rouges.

8400 : objections.

8500: engagements.

8600 : pratiquer.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UN CHEMIN IMPOSSIBLE 

UNE EXIGENCE INOUÏE 

voir Évangile de Marc,9.34 à 38) 8110-preliminaire.htm

A force de relire le texte des Évangiles, on éprouve un étonnement de plus en plus grand.

L'exigence de Jésus, s'adressant à la foule en même temps qu'à ses premiers disciples, nous apparaît proprement incroyable. On dirait que le jeune prophète venu de Nazareth cherche à décourager quiconque aurait envie de devenir son adepte et de le suivre.

A tout candidat éventuel à cette " suivance" Jésus ne demande-t-il pas un attachement absolu à sa personne? Ne revendique-t-il pas une appartenance à la vie et à la mort, une obéissance totale impliquant la disponibilité à mourir, s'il le faut? Il n'y a que l'État pour exiger une chose pareille de ses citoyens en cas de recours aux armes! Notons aussi une semblable exigence de la part de certains gourous, chefs de sectes, fondateurs de religions ou de mouvements messianiques.... Jésus serait-t-il à ranger dans ces catégories là, d'après ces conditions à remplir pour pouvoir être recruté comme " bon pour le service du Royaume de Dieu"?

Non ! car voici le mot " croix" qui figure parmi les paroles adressées aux auditeurs: " Si quelqu'un veut venir après moi... qu'il prenne sa croix et qu'il me suive.", dit-il  Lui le Maître, avait la croix au bout du processus de sa "feuille de route". Or, volontairement, dés le début, il avait accepté l'éventualité d'un tel dénouement: l'exécution capitale par crucifixion.

Et voici qu'il avertit ses partisans qu'ils ont eux aussi, à prendre en compte une pareille éventualité: " Qu'il se charge de sa croix! celui qui m'aime assez pour me suivre! qu'il renonce à être son propre maître et qu'il m'obéisse à moi, son seul maître!". Et cela, au vu et au su de tout le monde, sans avoir honte de cet exclu, ce marginal, ce "Fils de l'homme " assassiné.

Or on aurait tort de penser qu'une exigence aussi inouïe rebute la jeunesse d'aujourd'hui et la détourne d'un tel guide. Je me souviens que, pour ma part, lorsque j'avais vingt ans, ces paroles de Jésus rejoignaient ma soif d'absolu et mon enthousiasme. Je pense qu'il en est de même aujourd'hui. N'y-a-t-il pas des milliers de Kamikazes volontaires pour des idéaux pervers? Mais le drame, autour de nous, c'est que des "chrétiens" ne prennent pas leur croix et ne suivent pas le Maître, corps et âme.

Bien sûr, on me reprochera, à juste titre, de généraliser et de mettre "dans le même sac" toutes les Églises, et dans le monde entier. On aura raison. Car, moi aussi, je vois le Maître ressuscité, devenu Seigneur de l'univers, poursuivre victorieusement son oeuvre de recrutement pour son Royaume qui arrive. Je vois, sur tous les continents et au milieu des peuples les plus hostile, son Esprit Saint saisir des foules de petites gens et les conduire librement à s'attacher à Jésus de tout leur être, en se chargeant de leur croix à son service. C'est un miracle, un miracle sans cesse reproduit. Tout est possible à Dieu!

Mais c'est ici même, dans cette vielle "chrétienté" qui ne veut pas renoncer à elle même et se renier pour suivre le Maître vivant, c'est parmi nous que le recrutement ne se fait plus...ou avorte. L'exigence inouïe a fait place aux accommodements de toutes sortes, à la banalisation mondaine du baptême de repentance et de conversion, à la prédication du pardon automatique et de la grâce bon marché, à un oecuménisme de complaisance et à des engagements au moindre coût, à la gestion des institutions périmées et à la " desserte" de chrétiens" sociologiques" qui n'ont pas la moindre envie d'obéir à Jésus de Nazareth tel qu'il est et tel qu'il parle. Aujourd'hui comme hier.

Brève instruction civique n° 2 :

L'EXTRAORDINAIRE

Jésus dit:

" Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient....Agissez envers les hommes comme vous voulez qu'ils agissent envers vous.

Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance vous en a-t-on? Car les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment!..... Mais vous, aimez vos ennemis."

Évangile de Luc 6. 27 à 35

 

Imiter Jésus en fidèle disciple, voilà la morale de " l'extraordinaire ". La morale de " chrétienté' traditionnelle console le chrétien de ne rien faire d'extraordinaire et de se conduire comme les autres, en politique et en église. Pratiquons plutôt l'extraordinaire ...de Jésus.

 LES JEUX SONT FAITS.

Si " rien ne va plus, les jeux sont faits", si le monde actuel est réellement perdu et si la trompette du Dernier Jour peut retentir désormais d'un moment à l'autre, surprenant toute l'humanité, alors pourquoi agir pour changer quoi que ce soit? Et pourquoi enseigner encore, aux jeunes notamment, l'héroïque morale civique du galiléen? Est-ce utile, n'est-ce pas trop tard, cela en vaut-il la peine? N'est-il pas plus logique de tout laisser en l'état et de se résoudre à ne rien changer, que ce soit dans la société, dans l'Église, ou dans sa conduite personnelle?

Je ne répondrai qu'une chose: " C'est l'amour du Christ qui nous presse" comme disait l'apôtre Paul. C'est cette merveilleuse pression qui nous pousse à agir et à nous réformer nous-mêmes: l'amour que le Seigneur porte à tout homme et l'amour que nous lui portons à lui, voilà la force de repentance pratique qui nous donnera la force de changer. Ce n'est nullement la peur du Jugement dernier! ni le souci de mériter notre salut. Or précisément, nous ne savons ni le jour ni l'heure, ni la date exacte. Et le Père attend aussi notre prière pour en décider!

A CONTRE-COURANT

"Ne vous conformez pas au monde présent ( ou au siècle actuel)" écrivait l'apôtre Paul aux chrétiens de Rome ( Chapitres 12 . verset 2 ). Cet appel au non-conformisme introduisait et résumait la longue instruction des chapitres 12 à 16 qui traitent en détail de la conduite à tenir dans les rapports avec la société et dans les relations entre chrétiens. En somme Paul dit aux chrétiens:" Nagez à contre-courant!" Même quand le courant est faible, il n'est pas facile de nager à contre-courant. Mais quand le courant est violent le remonter est impossible!

Sur le plan de la morale et des comportements il en est ainsi, depuis toujours. Au premier siècle le non-conformisme des chrétiens était tel que la société juive les supportait de moins en moins bien et que la société gréco-romaine les traitait d'athées et " d'ennemis du genre humain". Cette position extraordinaire était intenable, impossible aux forces humaines. Mais Dieu, en eux et par eux, prouvait que " tout est possible à Dieu".

Aujourd'hui, comment un jeune chrétien pourrait-il résister à la pression incroyable de l'hypersexualisation et à la totale " libéralisation" des moeurs en ce domaine, ou bien à la dictature mondialisée de la mode, alors que nuit et jour, les media prêchent cette morale et sont suivis par une masse de jeunes plus conformistes que jamais? !

De la même façon est-il possible, pour les chrétiens, de naviguer à contre-courant en affichant sans peur qu'ils ne sont plus disponibles pour de la violence guerrière et du service armé? Leur est-il possible, par ailleurs, quant à leur de vivre en église, de pratiquer l'unité en cessant d'alimenter le système des " dénominations" et des " Églises" séparées, afin de se retrouver autour d'un " repas du Seigneur" sans discriminations ecclésiastiques? Essayez, et vous verrez si c'est possible..... se singulariser et transgresser les règles établies fait terriblement peur aux chrétiens.

Mais attention ! Ne nageons pas à contre-courant pour tenter ( vainement!) de garder le passé et les conformismes de nos ancêtres. Non, faisons-le pour anticiper le Futur promis par le Maître de l'Avenir. Car le "siècle présent" est jugé par Dieu et seulement en sursis, pour peu de temps. Le "monde nouveau" arrive et c'est lui qui, réellement moderne, veut dès maintenant nous dicter nos règles de vie et notre conduite radicalement non-conformiste.

ÊTRE UN BON CITOYEN ?  

Je me pose ces questions; et je les pose au lecteur habitué à confondre morale laïque et morale chrétienne. N'est-il pas admis parmi nous que le civisme du bon disciple de Jésus est identique au civisme du bon citoyen français.

Or, est-il vrai que si on est " citoyen des cieux" on est du même coup un bon citoyen de la république? Le Saint Esprit équivaut-il à " l'esprit citoyen"? S'agit-il du même" esprit civique" portant des fruits analogues, dans la cité humaine et la vie publique? Certes, si on pratique l'amour du prochain, comme Jésus le prescrit, on fera donc nécessairement preuve d'un esprit civique encore plus poussé que les autres; mais la "citoyenneté" des " fils du Royaume de Dieu" s'harmonise-t-elle avec la citoyenneté des " enfants de la Patrie" ou bien s'oppose-t-elle a ses "devoirs" patriotiques?

En somme, le chrétien fidèle peut-il être un " bon citoyen" français? ou allemand? ou.....

Dans l'Allemagne nazie, vers 1936, les "Témoins de Jéhovah" étaient nombreux. Parmi eux, nombreux étaient ceux qui refusaient le serment à Hitler et le service militaire, au nom du " tu ne tueras pas!" biblique. Ils furent soit passés par les armes soit envoyés dans les premiers camps de concentration ( je les ai vus à Mauthausen). A mes yeux, ils furent de vrais martyrs, c'est à dire d'authentique témoins. Aux yeux de l'État national-socialiste et de l'opinion publique, ils furent de très mauvais citoyens et des traîtres.

Quand je suis devenu pasteur dans le bassin minier du Nord, en 1946, certains de mes collègues étaient des objecteurs de conscience par souci de la fidélité à l'Évangile. Or, à ce moment là, les Églises protestantes en France ne voulaient pas de tels pasteurs. C'est en Belgique qu'ils ont pu exercer leur ministère. Pour les autorités de l'Église, tout comme pour l'immense majorité de l'opinion, de tels hommes étaient de très mauvais citoyens français et de très mauvais exemples pour la jeunesse. Certains n'avaient-ils pas fait de la prison?! Pour moi ils sont devenus des "maîtres à penser" et de vrais prophètes de Jésus.

Une dizaine d'années plus tard, à Toulouse, j'étais l'aumônier protestant de la Maison d'arrêt. Il y avait là , parmi les détenus, trois objecteurs de conscience dont le témoignage a parachevé la remise à l'heure de mon "horloge théologique" ( Jean Pezet, Éric Pot et Jean Lagrave ). Trois mauvais citoyens, n'est-ce pas, si j'en juge d'après les actes d'accusation des procureurs et d'après l'opinion très majoritaire des chrétiens bien-pensants! Désobéir à l'État, à l'Armée et à la Nation, quelle horreur!!

Jean Lagrave,lui, était agnostique: soldat en Algérie, il avait vu, il avait expérimenté ce qu'on lui présentait comme le " devoir civique" par excellence. Peut être avait-il vu comment réagissaient ces séminaristes mobilisés dont l'un d'eux avouait récemment:" on avait, à ce moment là comme une amnésie de nos consciences". Il faisait allusion aux séances de torture pratiquées dans les toilettes de l'infirmerie dont il était le responsable.

Mais la conscience du jeune Lagrave, elle, n'était pas anesthésiée. A l'occasion d'une permission en France, il décide de ne pas retourner en Algérie.... et se retrouve à la prison St Michel, à Toulouse. Sans le savoir, lui l'athée, il agissait comme un vrai citoyen du Royaume de Dieu qui vient, mais du même coup, comme un mauvais citoyen de la République Française. Alors? Qu'en conclure?

Brève instruction civique n° 3: " De grandes foules faisaient routes avec Jésus; il se retourna et leur dit: " Si quelqu'un vient à moi sans m'aimer plus que son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et même sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple...."

"De même, quiconque parmi vous ne dit pas adieu à tous ses biens ne peut pas être mon adepte

( traduction Chouraqui)

" Certes, c'est une bonne chose que le sel. Mais si le sel perd sa saveur, on le jette"

(Évangile de Luc 14. 25 à 35 )

UNE CITOYENNETÉ QUI MARGINALISE 

 Si, en matière de civisme chrétien, il s'avère humainement impossible de suivre le Seigneur sans devenir plus ou moins "en marge"  de la société et de l'église, les raisons sont faciles à résumer:

C'est le fait d'être devenu citoyen de la cité du Royaume et de la Jérusalem nouvelle dont Jésus est le Roi, c'est ce changement là qui marginalise le disciple fidèle. Et le baptême d'eau intègre le nouvel adepte à cette citoyenneté-là ( et nullement à une Église, catholique ou protestante!) Normalement l'incorporation au peuple du Messie s'accompagnera toujours d'un certain mépris, d'un certain rejet, et parfois d'une certaine exclusion, voire de la persécution proprement dite.

Ne faudrait-il pas en avertir, et former à cette situation prévisible, chaque catéchumène? Encore faudrait-il, pour cela, que les formateurs eux-mêmes et les responsables spirituels puissent donner l'exemple, par leur propre vie, de ce civisme du Christ Jésus!

Et que la conscience de chacun soit éclairée par l'Esprit de sainteté et de vérité.

Brève instruction civique n° 4: " Notre cité ( ou citoyenneté) à nous est dans les cieux. Et ce que nous attendons, c'est que le Seigneur Jésus-Christ vienne de là-haut en Sauveur" (Philippiens 3.20 )

Autrefois, vous non-juifs, vous étiez sans Messie, privés du droit de cité en Israël.... Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous êtes devenus concitoyens des citoyens du peuple saint.....( Ephésiens 2. 11 à 22 )

" Heureux êtes-vous lorsqu'on vous insulte, que l'on vous persécute et que l'on dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi..... Votre récompense est grande dans les cieux."

( Matthieu 5. 11-12 ) Les " béatitudes.


"C'EST PAR LA FOI  

que nous savons que le monde a été créé par la parole de Dieu" ( Hébreux 11.3 )

" Il y a encore peu, l'homme se croyait au centre de l'Univers. Mais notre existence n'est qu'un accident. les recherches scientifiques et les énormes avancées technologiques lui en ont fait prendre conscience. Nous avons réalisé que nous ne sommes qu'un infime partie de l'univers. Notre système solaire n'est, en fait, qu'une minuscule fraction de notre galaxie, la voie lactée. Il existe environ cent millions de galaxies comme la nôtre...."

Samuel Chao Chung Ting.( Prix Nobel de physique.)

En effet, en dehors du savoir qui nous vient de la foi en ce Dieu qui a parlé et qui parle par Jésus, notre savoir grandissant ne peut nous faire savoir qu'une seule chose , absolument désespérante: le genre humain n'est qu'un accident insignifiant, sur une terre qui n'est qu'un pur hasard.

Or, quiconque croit aux paroles de Jésus sait cette réalité essentielle:

Ce " Père tout puissant créateur du ciel et de la terre" est maître du hasard. Il l'a créé et il le contrôle, il le gouverne et s'en sert, aussi absurde que soit ce fait pour la déesse " Raison". Et , par la foi, nous savons que " Dieu a tant aimé le monde ( ce grain de sable et les êtres qui y vivent! ) qu'il a donné son Fils, son Unique, afin que quiconque croit en Lui ne soit pas perdu mais reçoive la vie éternelle" ( Jean 3. 16)

A l'opposé, j'entends des non-croyants très savants avouer ceci:

" Il nous faut accepter le fait que nous sommes perdus, pour nous forger un sens proprement humain à partir des idées de fraternité, de solidarité, mais sans salut....Les chrétiens disent :" soyons frères parce que nous serons sauvés". Permettez moi de dire:" Soyons frères parce que nous sommes perdus". Et Edgar Morin, penseur prestigieux intitule son article: " L'Évangile de la perdition" ( Le monde des religions , mai juin 2005 page 82 )

Terrible aveu! Mais le vrai Évangile est celui du Salut: lui est la base de notre civisme.

suite  8300-changer-civisme.htm

Georges SIGUIER  1920--2016
 (Pasteur, Église réformée de France)  


 

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