CIVISME ET POLITIQUE

QUEL CIVISME PRATIQUER?

PRATIQUER L'IMPOSSIBLE

 

 

Civisme et politique 

vus du point de vue biblique

 à la lumière de Jésus 

et de son évangile



11 accélération de l'histoire

13 Voici l'homme

15-devoir de désobeissance

16 Jesus notre seul avenir

17-BABEL orgueil des hommes

18-92ans evolution

19 Dieu-la religion-l'Eglise

20-vive l'Apocalypse-accueil.

21-accueil-l'imminence de la fin

22-conduite-a-adopter

23accueil-harmaguedon.

24000-accueil-jerusalem.


Pratiquer l'impossible

8110 Préliminaires. 

8200 : Un chemin impossible.

8300: doit on changer de civisme?

8310: les lignes rouges.

8400 : objections.

8500: engagements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

DOIT-ON CHANGER DE CIVISME?
 

LES DEUX LIGNES ROUGES.

Pour faire bien comprendre ce qui précède et ce qui va suivre, et pour repousser toute accusation soit d'illuminisme soit de légalisme, je me permets de redire ici ce que j'écrivais 4230-lignesrouges.htm

 Faisons une comparaison. Au sommet de la Montagne Noire, autour du Pic de Nore, l'hiver, il peut arriver qu'il y ait beaucoup de neige. La couche de neige cache alors complètement la route goudronnée qui monte jusqu'au sommet. Mais on a planté, de chaque coté de la route, une ligne de poteaux rouges qui délimitent le tracé de la route. Est-ce pour agacer ou terroriser l'automobiliste? Au contraire, c'est pour l'aider, le protéger et le sauver. Les deux lignes rouges sont les deux injonctions, les deux lois qui fixent la conduite et qui disent en permanence ( en temps de neige et dans le brouillard aussi! ): " Attention! au-delà de ces deux lignes c'est l'erreur, l'errance, le danger et peut-être l'accident mortel! Ne transgressez pas ! "

Ainsi en est-il des deux lignes rouges que sont les commandements du Seigneur:

" Un spécialiste, docteur de la loi,demanda à Jésus: Maître, quel est le plus grand commandement de la loi?

Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée.

C'est le premier et le plus grand commandement.

Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes."

(Matthieu 22. 34 à 40 )

Tu aimeras le Seigneur,Tu aimeras ton prochain y compris ton ennemi privé ou public .

Deux principes intangibles qui déterminent le civisme de tout disciple de Jésus. Voilà les deux lois fondamentales, les deux lignes rouges à respecter quelles que soient les situations et les circonstances. Sinon, c'est la désobéissance à Dieu,"l'apostasie" et la dérive vers les abîmes de la violence meurtrière et le déchaînement des passions collectives. C'est en restant fidèlement entre les deux lignes que le chrétien " tiendra la route" et pourra " marcher selon l'Esprit Saint".

Dès lors, à coup sûr, le citoyen du Royaume sera souvent en accord avec le civisme " citoyen" prôné par l'idéologie de l'État républicain :" liberté, égalité, fraternité ". Mais aussi, il sera souvent en désaccord et en contradiction avec cette même morale " laïque et humaniste" du patriotisme communément enseigné et pratiqué en " chrétienté". Voir La chrétienté,perversion de l'église.
C'est en particulier le cas pour la loi du Christ qui dit: " Tu ne tueras pas!" Nous y reviendrons plus loin.

Mais je me permets pourtant ici, de mettre en garde les jeunes chrétiens contre une catéchèse courante qui tend à nier le caractère radical de "la loi du Christ" et la non-violence radicale prêchée par le Maître. Ce négationisme et ce relativisme s'accompagnent d'une peur inconsciente de contrarier les jeunes ( et les adultes aussi ! ) en leur prêchant d'une part l'obéissance et la soumission et d'autre part la désobéissance pour motif de conscience et le civisme d'objection de conscience civique. Force est de constater que la pensée théologique dominante et bien des théologiens à la mode, " dans l'air du temps", influence en sens inverse le civisme habituel des chrétiens. On préfère écrire de savants articles, ( ou même des livres sur l'amour des ennemis), qui fonctionnent, à la base des Églises, comme des anesthésiques accentuant le sommeil civique et politique des croyants.

Ceux-ci, pourtant, sont déjà suffisamment chloroformés et mis en condition par la société de consommation et les techniques d'avilissement et de conformisme! L'Évangile seul pourra les libérer et les réveiller. Rien que l'Évangile mais tout l'Évangile.

APPRENDRE A DÉSOBÉIR;

En écrivant ces quelques lignes je pense à la jeunesse et, en particulier, aux jeunes chrétiens. Et, pour que tout soit clair, je résume ma pensée ainsi: il faut enseigner aux jeunes, dès la petite enfance, à toujours obéir ( à leurs parents, leurs maîtres.....) sauf, sauf lorsque Dieu lui-même commande de désobéir. " Inouï ! Impossible !" va-t-on me dire. Eh bien non!

Prenons comme exemple la question cruciale de la résistance à la violence de l'État et de la désobéissance aux autorités politiques et militaires de la Nation. Est-il juste d'apprendre aux jeunes, en morale civique, à désobéir à ces Pouvoirs établis dans le cas où l'obéissance à leurs ordres et à leurs lois serait une désobéissance à Jésus et à la Loi de sa Cité qui vient? Ma réponse sera affirmative: Oui ! Puisque l'Etat-Nation ( et sa religion patriotique) m'ordonne d'être disponible à le servir par l'usage des armes de mort pour tuer d'éventuels ennemis, je dirai un "non" résolu à de telles exigences qui m'empêchent et m'interdisent d'aimer les ennemis publics: j'obéis à Jésus.

Ce choix pour Jésus et contre "César" je voudrais l'enseigner à mes enfants et mes petits enfants. Je voudrais qu'une telle objection de conscience à la guerre et au meurtre " légal" soit généralisé dans l'Église à travers le monde. Je rêve que les chrétiens en viennent vite à se désolidariser de tous ceux des leurs qui exercent le Pouvoir au sommet des États et en haut des hiérarchies militaires et financières, afin que la désobéissance civile non-violente de l'Église ne leur permette plus de dire que " Dieu est avec eux" dans l'exercice du Pouvoir.

Oui d'un coup, les chrétiens seront rejetés aux marges de la société mais c'est à rejoindre ces chrétiens-là qu'il faut inviter notre jeunesse.

C'est cela, dire " Stop ! " à la " chrétienté" qui fait tant de mal au monde.

Rétrospectivement, je remercie Dieu parce qu'en 1940-1945 il a démoli en moi le principe hérité des ancêtres: l'obéissance inconditionnelle aux Pouvoirs et le principe du Devoir sacré du service armé. A partir du moment où deux autorités suprêmes s'affrontaient ( celle de Pétain et celle de de Gaule), en ma conscience s'imposait le recours à la Parole de Dieu pour chercher la voie d'une juste obéissance et d'une juste désobéissance en matière de civisme chrétien.

IMPROVISATION PAR L'ESPRIT

La conduite  citoyenne, en ce monde, du citoyen de la Cité à venir, jouit d'une telle liberté qu'on peut la décrire comme une perpétuelle improvisation. C'est une marche qui va d'improvisation en improvisation. C'est une libre créativité qui s'attend toujours à de l'inattendu et reste toujours ouverte à des réponses peut-être inédites qu'on pourra donner le moment venu. La Loi, elle doit être là. Mais c'est le Saint Esprit, souffle d'inspiration venant de notre Père et donné par Jésus, qui sera le maître de cette improvisation permanente. Non pas notre fantaisie ou nos secrets désirs, non pas le meilleur de notre spiritualité ou de notre logique mais l'Esprit saint seul, témoignant à notre esprit et à notre volonté:

"Si nous avons la vie ( éternelle) grâce à l'Esprit, marchons aussi sous l'impulsion de l'Esprit..."

Marchez sous l'inspiration de l'Esprit et vous ne pratiquerez plus ce que la chair ( votre nature pécheresse) vous pousse à faire...."

(Lette aux galates 5. 13 à 25)

"Être conduit par l'Esprit, voilà l'accomplissement de la Loi tout entière, par l'amour..."

( lettre aux Romains 8.1 à 17 )

Or ce saint esprit est promis et donné à quiconque se donne à Dieu et le sert par la foi obéissante à Jésus Christ. Ce n'est pas un luxe réservé à une élite !

Mais, à l'inverse, le Saint Esprit n'est nullement à confondre avec l'esprit de " bonne volonté, religieux ou humaniste, dont la sagesse est largement répandue sur tous les humains.

Aussi les chrétiens ne peuvent-ils pas imposer leur morale à la société où ils vivent. .Le Décalogue n'est pas un code moral à proposer aux États ! Encore moins le sermon sur la montagne de Jésus ( Matthieu 5 !) Les " principes" indispensables dont je parlais plus haut deviendraient nocifs et violents s'ils ne vont pas de pair avec la liberté d'amour et de miséricorde que donne la vie " dans l'Esprit Saint"! Par exemple ne demandons pas à la société civile de pratiquer la non-violence et le pacifisme radical: elle ne le peut pas ! Mais l'Église, elle, le doit!

Par contre, que le chrétien prie pour que le magistrat qui " porte le glaive" soit pacifique et juste. Mais que lui-même s'abstienne d'être ce magistrat-là, disponible pour tuer ! Quand à tous nos semblables dans la cité, qu'ils deviennent tous disciples ardents de Jésus: alors ils pourront pratiquer le civisme de Jésus ! Sur ce choix difficile entre obéissance ou désobéissance aux Pouvoirs établis, le penseur chrétien Jacques Ellul nous aide remarquablement à y voir clair. Je crois utile de citer ici quelques unes de ses réflexions:

" Il y a une sorte d'habitude mentale d'assimiler sainteté et obéissance. On fait de l'obéissance la seule vertu cardinale, la clef de voûte de toute la vie chrétienne. Alors s'efface la question: obéissance à quoi? à qui? De fait ce ne sont plus, alors, les commandements de Dieu qui sont les plus importants et décisifs mais aussi bien les commandements de l'Église, et l'obéissance à un supérieur social ( un chef politique, un mari, un père) qu'à un supérieur religieux ( le prêtre, l'évêque, le Pape......) l'obéissance absolue, " les yeux crevés", devient alors l'équivalent de la sainteté.

( En réalité ), le Dieu absolument saint communique sa sainteté à celui qu'il choisit. Celui-ci entre alors dans un jeu complexe d'obéissances, d'accomplissements, de silences, de découragements, de désobéissances, de révoltes, d'engagements, de détachements. Mais, dans chacun de ces temps, Dieu est à nouveau présent et rectifie sa propre pédagogie."

( J. Ellul: Éthique de la sainteté")

 
 
" Ma brève expérience politique de dix mois, au lendemain de la libération, m'a démontré que l'action politique dans les cadres actuels est une sale fumisterie et rien de plus. Je ne répugne pas à me compromettre ni à me salir les mains; mais je n'accepte pas cette saleté à l'avance.... Je ne dois pas considérer que " se salir les mains" est une condition de l'action, mais une défaite dans l'action. Or c'est cette adhésion, donnée à l'avance à la saleté politique, qui provoque en fait toutes les turpitudes du monde politique."

J. Ellul:" Engagement et désengagement" ( Journal " Réforme" 21-01-1950)

 

La perversion du christianisme

"L'Évangile nous appelle à dépasser la loi pour vivre dans l'économie de l'amour et de la liberté. Mais la liberté est un combat, et l'amour un engagement exigeant. Parfois nous ne les vivons pas, car nous ne sommes pas en permanence dans l'économie de la grâce. Dans ces cas, heureusement qu'il reste la loi pour nous guider. Ainsi notre vie s'inscrit dans un va-et-vient entre la loi et la liberté, n convient simplement de ne pas oublier que la grâce est au-delà de la loi et jamais en deçà, sinon nous tombons sous le jugement de cette diatribe de Jacques Ellul : « Nous prenons prétexte de la grâce pour négliger la Loi et vivre en dessous de ses commandements. Libéré de la Loi, cela veut dire pour mon esprit vicieux que je n'ai pas besoin de donner la dîme, et qu'il suffït de donner dix sous. Libéré de la Loi, cela veut dire pour ma cupidité que je n'ai pas à laisser la jachère libre dans mon champ pour le pauvre -.je puis tout racler. Libéré de la Loi, cela veut dire pour ma dureté que je n'ai pas à être exact et juste dans le salaire de mes ouvriers, mais que je puis les pressurer à mort... Cette interprétation qui est la plus courante, qui est constante chez nous chrétiens, est seulement la marque de notre aveulissement, de notre hypocrisie, de notre mensonge, de notre sottise, de notre vanité... Les Puritains et les littéralistes avaient dix mille fois plus de sérieux que nous qui faisons de la liberté une comédie, de la grâce un prétexte, de la foi un sentiment, de notre vie le plus plat des conformismes sociaux. Nous sommes des fornicateurs de l'amour de Dieu en prétextant de notre liberté pour violer cent fois par jour les commandements. » •
.( Jacques Ellul, "Éthique de la liberté", L1, Labor et Fides, page. 173s. RÉFORME N" 3087)

suite :    8400-objections.htm

Georges SIGUIER  1920--2016
 (Pasteur, Église réformée de France)  


 

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