CIVISME ET POLITIQUE

Doit-on, peut-on

REFORMER L'ÉGLISE?

 
Civisme et politique 

vus du point de vue biblique

 à la lumière de Jésus 

et de son évangile



11 accélération de l'histoire

13 Voici l'homme

15-devoir de désobeissance

16 Jesus notre seul avenir

17-BABEL orgueil des hommes

18-92ans evolution

19 Dieu-la religion-l'Eglise

20-vive l'Apocalypse-accueil.

21-accueil-l'imminence de la fin

22-conduite-a-adopter

23accueil-harmaguedon.

24000-accueil-jerusalem.



9000-accueil.htm réformer l'Eglise

     9010 " J'ai fait un rêve"

9100 L'Eglise a-t-elle un avenir?

9110 Qu'est-ce que l'Eglise

9120 L'Eglise a un avenir: le Retour

9200 L'impossible changement de l'Eglise.

9300 désengagements et objections

9320 se distancer des systèmes hiérarchiques

 

LES POSSIBILITÉS PROVISOIREMENT OFFERTES:

DÉSENGAGEMENTS ET OBJECTIONS
3 SE DISTANCER DES SYSTÈMES HIÉRARCHIQUES:

Faire objection à ces systèmes ecclésiastiques et ne plus les consolider, voilà ce qu'est aussi la repentance voulue par Jésus. Énumérons-en quelques uns:

- Structures spirituelles.

Là, comme dans les pyramides d'Égypte, il y a la base, le sommet et les divers échelons de l'un vers l'autre.

Dans l'Église réformée par exemple, on part de la base vers le sommet: en bas, il y a les " laïques" qui élisent un conseil local; celui-ci envoie des délégués au synode régional; en remontant on arrive au synode national qui élit le conseil national. Par délégations successives, l'autorité ( avec ses " pouvoirs" juridiques légaux) va de bas en haut. C'est le modèle démocratique imité du système politique, " moderne par rapport à l'ancien régime. Il produit une structure d'Église nationale.

Autre exemple: L'Église catholique romaine, structure internationale imité du système politique impérial depuis le 5° siècle. Là l'autorité et le pouvoir ( de droit divin) descendent du haut vers le bas. Les " clercs" sont en-haut et les "laïques" sont en bas. Tout en-haut nous trouvons le pape et avec lui ( sous lui ? ) le collège des évêques du monde entier. Dans chaque diocèse ( ici le diocèse d'Albi est "l'Église locale" ). L'évêque a sous lui les prêtres, lesquels ont sous eux les diacres... C'est une hiérarchie sacramentelle, par " ordinations".

Bien sûr, d'autres systèmes, ( notamment fédératifs ou congrégationalistes pourraient ) être décrits.

Ces divers systèmes "d'Église" sont-ils conformes à la pensée du Seigneur exposée par les Évangiles et le reste du Nouveau Testament? Certainement pas ! Et ils sont extrêmement nocif: ils divisent entre eux les membres de l'unique "Corps du Christ"; ils privent les fidèles " d'en bas" de leur liberté, de leur créativité, de leur pleine communion fraternelle et de l'authenticité de leur témoignage commun.

Or tous nos frères et soeurs en Christ sont là-dedans: ne nous isolons pas d'eux. Mais cessons d'être des instruments actifs qui consolident et nourrissent ces systèmes qui, tous, veulent à tout prix survivre et " persévérer dans leur être".

- Le système des " dénominations" d'Église.

Les dénominations ont la vie dure ! Catholiques romains, Orthodoxes, Anglicans, Luthériens, Calvinistes ( ou " réformés" ou " presbytériens), Méthodistes, Baptistes, Salutistes, Quakers, et c ... et c... et c.... Ce n'est pas un joli bouquet de fleurs mais une cacophonie, un chaos incompréhensible. Et, localement, c'est une absurdité et une machine à fabriquer de l'athéisme et, hélas, bien des souffrances chez les fidèles.

Il est nécessaire de s'en dégager, de s'en dégager et de protester là contre, pour dédouaner le Chef de l'Église de la caricature qui le défigure aux yeux de tous.

Que les bergers et les guides spirituels n'acceptent plus d'être les pasteurs d'une clientèle, d'un clan ! Pour servir l'unité qu'ils la pratiquent personnellement suivant les cas en se " dé- protestantisant", se " dé-catholicisant", se " dé-pentecotisant, se " dé-fondamentalisant", et en tout cas en se " dé-sacralisant".

Car, dans l'Église de Dieu, il n'est pas admissible qu'il y ait des Chefs, petits chefs ou " Éminences".

D'accord ? Mais un rude combat !

- Le système des "appartenances".

A quelle " Église" appartiens-tu ? C'est toujours la même question qu'on pose à chaque chrétien et, en particulier, au nouveau converti ou au catéchumène.

Quand on me la pose à moi je réponds: " Je n'appartiens ni à l'Église Réformée de France ni à aucune autre " Église". Ce qui ne m'empêche nullement de me savoir "chez moi" dans chaque assemblée chrétienne de ma ville.

En effet" appartenir à " revient à dire " être la propriété de", " relever de l'autorité de ", être " sous la dépendance de", " faire allégeance à ". Je dis donc: " Je n'appartiens qu'à mon seul Maître et Chef : Jésus Christ" Je ne dois pas " appartenir à une Église" mais je dois aimer ceux et celles qui signent leur adhésion à telle " Institution".

Au nouveau venu dans la foi ou à la personne nouvellement arrivée dans ma ville, je conseille donc ceci: " Ne te fais pas inscrire ou ne te laisse pas inscrire dans une " Eglise-dénomination". N'accepte pas de lui appartenir comme membre " responsable" ou " actif" ou " électeur" ou..." honoraire" ! Sois un " distancé", comme on dit aujourd'hui. N'aliène pas ta liberté d'aller aussi chez les " frères séparés" Résiste!

 N.B. N°1

LE PIÈGE DU CONSEILLER PRESBYTÉRAL

Dans l'Église réformée de France le conseil presbytéral est, localement et pour la paroisse, l'organisme collégial pour exercer l'autorité. Il est, à la base, le premier échelon de la hiérarchie de conseils et de synodes élus caractérisant le régime dit " presbytérien synodal".

Le " Conseiller presbytéral" n'est pas nommé comme simple " donneur de conseils"   pour venir en aide au pasteur. Il est normalement, à part entière et pleinement responsable, un "presbyteros" c'est à dire selon le grec du Nouveau Testament un " ancien" ( de l'église).

Si cet homme ou cette femme étudie ce qu'étaient la fonction, la qualification et la consécration à Dieu des " anciens" dans les églises du 1° siècle, il verra facilement que la contradiction est flagrante entre les " anciens" selon le Nouveau Testament et le " conseil presbytéral" de Mazamet. ( et de n'importe quelle ville). Bien sûr, on ne lui a pas dit cela au moment de l'embaucher !

Mais, dés le premier jour, il va être piégé, sans même en avoir conscience, hélas !

A mon sens le piège principal est celui-ci: le fait que ce " collège pastoral" est en même temps le conseil exécutif de l'association culturelle créée et reconnue par la loi de 1905 ( séparation de l'Église et de l'État).

En conséquence ce " collège pastoral" ( formé par le Saint Esprit et agissant au nom de Jésus le Chef) est en même temps le " conseil légal, juridiquement établi pour être reconnu par le Pouvoir politique et bénéficier d'un bon statut social de " religion" établie C'est là le péché même de "chrétienté" Inévitablement, il y aura sans cesse amalgame; confusion; compromission; interférence entre église ( à réformer selon le Seigneur ) et le statu quo imposé par le joug de la loi civile; malentendu sur ce qu'est l'église voulue par le Seigneur; prééminence des "notables" et primauté du trésorier; malaise des " pasteurs", clercs qui ne sont là que de passage et souffrent de se voir conduits par les " moutons de Panurge" au lieu de conduire le troupeau du Souverain Berger en serviteurs fidèles et libres; et c....et c ...

Mais j'aime et j'admire mon frère "conseiller" ce ne sont pas les personnes ni leur foi qui sont en cause ou à blâmer, c'est le système.

N.B. n° 2

LE PIÈGE DU PAPE

De " l'évêque de Rome" je dirai la même chose que du " conseiller presbytéral" protestant. Mais plus brièvement. Car il me suffit qu'il soit en même temps chef d'État et pasteur universel pour constater dans cet amalgame le paroxysme du péché de " chrétienté" ! Comment mettre ensemble César et Jésus de Nazareth ?? !

Certes, le délit de lèse-majesté ( contre le crucifié ) est moins grave, peut être dans le protestantisme. Car la loi de 1905 n'est pas perçue comme de droit divin et la théologie des réformateurs du 16° siècle européen n'est pas adulée et sacralisée. Mais, pour aller au fond des choses, avouons que catholiques et protestants sont pris et bloqués dans le même piège: on fléchit le genou devant César ( le Pouvoir politico-militaro-financier) et on le soutient pour le remercier de son soutien et de ses faveurs.

Mais attention ! J'aime et j'admire Jean XXIII, Jean-Paul II et Benoît XVI ( plus que Jules II, certes, qui conduisait personnellement son armée à la guerre , en Italie !). Car ce n'est pas leur personne qui est en cause: c'est le système théologique, la notion même de " Papauté". Là est le piège.

 

 

Le drapeau de Jean-Paul II reprend le symbolisme du drapeau du Vatican ( blanc et jaune) : les deux clés sont surmontées d'une tiare d'argent portant trois couronnes. la tiare est surmontée d'un monde porteur de la croix: le Pape règne

4. Alors ? l'Institution?

Faut-il la supprimer?

Au terme de ce chapitre consacré à des objections, refus, désengagements et résistances, il me semble éclairant de citer un article paru en 1983 dans le journal protestant " Réforme". Cet article est écrit par Jacques Ellul, universitaire, écrivain, théologien, longtemps très actif dans l'Église réformée, décédé en 1994.

Malgré le " reproche" ( ! ) qu'on peut faire à Ellul de n'être pas allé assez loin dans l'analyse critique du système ecclésiastique, et trop loin dans sa prédiction " qu'avant 1993, l'Église réformée de France serait morte" ( elle est toujours là !! ) , voici une page extrêmement clairvoyante et pleine de vérité toujours actuelles. 

J'ajouterai quelques lignes d'un pasteur protestant toujours vivant, allant dans le même sens.

Mais je terminerai en priant les frères en Christ de ne surtout pas supprimer " l'institution" de ce que Jésus a instauré et établi comme centre d'unité et point de rassemblement de ses disciples: " Le Repas du Seigneur". Ni ce que Paul instituait dans les églises naissantes qu'il avait fondées, avec son équipe missionnaire. Dans ces petites assemblées, surgies dans les cités grecques d'Asie mineure ou d'Europe, Paul demandait aux chrétiens de désigner des " anciens" ( = pasteur = veilleurs prenant soin du troupeau" ) . Non pas 1 pasteur mais une équipe pastorale, un collège presbytéral, " institué" non par un vote mais par le Saint Esprit ( donc avec la recherche et le discernement spirituels et charismatiques, en commune prière de tous.) Le chapitre 20 du livre des Actes, à propos des anciens d'Ephèse, est très explicite à ce sujet. Nous y voyons bien quel type de ministères l'Esprit Saint voulait et donnait, pour le service du Seigneur, à ces églises du 1 ° siècle. ( voir aussi Ephésiens 4 )

Mais à Ephèse par exemple, il n'existait ni Église réformée, ni Église catholique ni Église pentecôtisme ! Et les anciens n'étaient pas les pasteurs de six ou sept dénominations séparées.

Il faut donc, à Mazamet par exemple, que soient " institués" des anciens selon le modèle et les normes apostoliques. Il faut, par conséquent, que chaque Dénomination consente à sa propre mort et que les chrétiens de la localité procèdent ensemble à une véritable " refondation" des ministères. Faute de quoi impossible de changer l'Église ! 

LE THÉOLOGIEN DE L'ESPÉRANCE

 

Supprimons l'institution !

Une proposition scandaleuse de Jacques Ellul.

Réforme 17 septembre 1983 à la veille des synodes régionaux...

Il y a dans une société des périodes où il faut institutionnaliser, ou ordonner les rapports sociaux par des lois et les cadrer dans des institutions sont des aides pour l'individu. Il y a d'autres périodes où l'institution étouffe. écrase l'individu, détruit l'initiative et la responsabilité : à ce moment il faut désinstitutionnaliser.

Lorsque l'on est arrivé à une extrême complication des règles et des organismes, lorsqu'il y a croissance indéfinie de la réglementation, lorsqu'il y a la conviction que l'on ne peut régler tous les problèmes de la société que par lois, décrets et commissions, et lorsque la vie se développe en marge de ces lois et organisations, hors de l'institution, alors il faut désinstitutionnaliser. Mais c'est à ce moment que la qualité de l'individu devient absolument décisive.

(...) Je crois qu'actuellement si on veut redonner une chance à l'Église réformée, il faut repartir de la base (qui n'existe presque plus, mais qui est étouffée par l'Institution!. il faut libérer l'initiative individuelle dans toutes les directions, au lieu de la marginaliser et de tenter de la contrôler, il faut désinstitutionnaliser au maximum. Il faut faire disparaître le problème de l'argent qui finit par devenir le problème absolu de chaque paroisse et de l'Église dam son entier, et cela ne peut se faire que par la disparition de l'institution. Il faut faire disparaître toutes les commissions, nationales, régionales, etc.. et tous les conseils. Il faut redonner la responsabilité aux peu nombreux paroissiens de base, étouffés dans un lacis de règlements. Il faut supprimer l'énorme enchevêtrement du " coutumier". dans lequel on obéit à la manie de nos sociétés modernes de vouloir tout réglementer par textes et règlements, et revenir à une très simple discipline comme en 1559. donnant, sans détails, les grandes lignes. Sans plus.

Aujourd'hui, plus que jamais. l'Église meurt de trois fléaux :

- une organisation qui n'engrène absolument plus sur les fidèles et qui devient de plus en plus complexe (en écrivant cela je sais très bien quelle est ma part de responsabilité ).

- une obsession financière qui finit par dominer toutes les autres réalités de l'Église ;

- une disparition des fidèles, non pas parce que la liturgie les ennuie ou les chants ne sont pas assez modernes, mais parce qu'ils se trouvent dans un grand corps vide, où ils ne reçoivent rien La preuve, c'est qu'ils se réunissent ailleurs, dans des groupes et des sectes où ils retrouvent une vie spirituelle qui chez nous est étouffée par l'institution.

Il est parfaitement inadmissible de subordonner la prédication de la parole de Dieu à l'argent. Et c'est exactement ce que nous faisons quand depuis un demi-siècle nous ne.- cessons de supprimer des postes de pasteur pour " résoudre" le problème d'argent ! Du moment que l'on n'arrive à rien, alors que l'on constate un " besoin religieux " qui aujourd'hui augmente et le goût des groupes informels, il faut changer d'orientation. Il faut que les Églises redeviennent des groupes informels. C'est-à-dire sans organismes d'administration et de direction.

Bien entendu, on va alors crier au congrégationalisme- Eh bien oui, je pense, après avoir travaillé plus de vingt ans pour la meilleure organisation de l'église, que c'est finalement un échec, et qu'il faut risquer l'expérience congrégationaliste libérale et développer les Églises locales seules et les Églises de Maison ( là où on ne pourrait pas entretenir un pasteur ) Il faut que chaque Église locale redevienne responsable pécuniairement du pasteur qui reste, lui, le responsable de l'essentiel, la prédication de la Parole. Et rien de plus

Je sais très bien tout ce que l'on peut objecter, les oeuvres communes, diaconat, Défap, faculté de théologie, retraites, veuves de pasteur... je sais... et je suis convaincu que dans des Églises qui retrouveront à la fois de l'audience et de la vitalité, il y aura aussi de l'argent pour cela. On connaît quelques œuvres et communautés qui ne vivent que de cette façon. Donc Église locale souveraine dont les représentants se réuniraient une fois tous les deux ans ou un Synode national long (par exemple dix jours) où seraient traitées les grandes orientations, et les t|questions théologiques communes

Je sais que cette proposition paraîtra scandaleuse à la majorité. Mais, à mon sens, il y va de la vie de l'Église réformée en France qui. si elle continue comme ça va, aura disparu avant dix ans. La seule issue, c'est le retour à la paroisse, aux communautés, groupes d'intérêt, cellules de base, qu'importe,et le centre d'intérêt, la forme et le nom, dont les membres seront responsables d'autre chose que de la cible ! et qui n'auraient qu'une obligation ; faire vivre décemment le pasteur de la Parole

Je ne condamne nullement ce qui a élé fait en 1937, et dans les trente années qui ont suivi.

Je pense seulement que, dans la vie de l'Église, comme dans toute vie. il y a un temps pour se rassembler et un temps pour se séparer...

Ci dessous extrait d'une réaction d'un pasteur dont j'ai oublié le nom. 2005

Si nous voulons véritablement être des témoins du don, alors faisons-le à partir de l'exemple de Paul, tel qu'il le fonde en 1 Corinthiens 9, et plus particulièrement les versets 16 à 18. Que ce qui a été reçu, l'Évangile, soit donné gratuitement sans que celui qui l'annonce soit une charge financière ou matérielle pour qui que ce soit. L'ERF se plaint des charges imposées par l'URSSAF ? Mais elle emploie des personnes, et la vérité de l'incarnation lui impose alors d'en assumer toutes les charges qui en découlent. Ou alors, qu'elle s'en libère en choisissant de ne plus employer personne. Elle libérerait une masse financière fantastique. Elle se libérerait de soucis parfois insurmontables. Elle libérerait des espaces d'action et de responsabilités pour beaucoup de nos contemporains en quête spirituelle. Elle libérerait les théologiens pour la seule prédication. Elle libérerait la théologie de son vase clos en la confrontant au quotidien des « charpentiers » et des « pêcheurs ».

Qu'elle se libère aussi de ses charges immobilières par la même occasion. Car immobilier et immobilisme ont la même racine et l'un est la porte grande ouverte à l'autre. Par la location, elle peut beaucoup plus facilement adapter les moyens nécessaires à ses besoins, en fonction du nombre, toujours variable, et des activités, en constante évolution.

L'Église ne doit pas être une étrange réserve, image qui me fait penser aux réserves indiennes aux USA,

sortes de territoires mis à part et protégés.

suite : 9400-engagements.htm  

 Georges SIGUIER  1920--2016
 (Pasteur, Église réformée de France)  

 

 

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